Énigme du monde

« Le monde est bien un sphinx qui se tient continuellement devant nous et que nous interrogeons

/ le sphinx de loin en loin dit un mot de son énigme / dans l’inconnu dense, lourd, qui nous touche, qui nous pénètre et nous enveloppe / une masse claire par rapport à tous les innombrables qui trempent dans le noir de l’espace. »
Alberto Giacometti, Les écrits

Questionner le monde, le pourquoi des choses. Ne pas se lasser de rejoindre l’insatiable curiosité qui nous mobilisait, enfant, à chercher réponse à nos questions.

S’approcher, en cela, de Claude Roy lorsqu’il écrit :
« Un vivant, c’est une énigme qui se pose des questions, un questionneur questionné ».

Ou encore, suivre ce conseil de Bertolt Brecht :
« Rendre étranger le familier, et familier ce qui est étranger. »

Questionner. Ouvrir des brèches dans les savoirs qui nous enferment. Réinventer la lumière et les ténèbres, s’il le faut. Trouver-créer des réponses à nos propres énigmes.

« Le monde est grand mais en nous il est profond comme la mer. »
Rainer Maria Rilke

Giacometti, fondation Maeght

Avec Giacometti

Écrire, créer, faire du neuf, se mettre en risque – la nécessité

Ma réalité
« Je fais certainement de la peinture et de la sculpture et cela depuis toujours, depuis la première fois que j’ai dessiné ou peint, pour mordre sur la réalité, pour me défendre, pour me nourrir, pour grossir ; grossir pour mieux me défendre, pour mieux attaquer, pour accrocher, pour avancer le plus possible sur tous les plans, dans toutes les directions, pour me défendre contre la faim, contre le froid, contre la mort, pour être le plus libre possible : le plus libre possible pour tâcher – avec les moyens qui me sont aujourd’hui les plus propres – de mieux voir, de mieux comprendre ce qui m’entoure, de mieux comprendre pour être le plus libre, le plus gros possible, pour dépenser, pour me dépenser le plus possible dans ce que je fais, pour courir mon aventure, pour découvrir de nouveaux mondes, pour faire ma guerre, pour le plaisir ? pour la joie ? de la guerre, pour le plaisir de gagner et de perdre ».

Alberto Giacometti, Écrits. Ed. Hermann, 1997

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Fondation Maeght, Exposition Giacometti – été 2010