Les week-ends d’écriture


Ici, près de Montpellier, on dirait que le printemps s’installe après des semaines de vents et de pluies. Que les couleurs sont belles, gorgées de toutes ces eaux ! Comment sera-t-il, ce jardin, lorsque je vous accueillerai pour les week-ends d’atelier de l’automne ?

Trouver sa voie dans l’écriture, c’est ainsi que j’ai nommé ces week-ends d’écriture il y a douze ans lorsque j’ai créé mes propres ateliers. J’aime cette idée de la voie, du cheminement qu’on fait ensemble pendant neuf heures d’atelier. Trouver sa voie… Trouver sa voix ? On peut entendre les deux sens dans ce titre et j’aime qu’on entendre plusieurs choses sous les mots car c’est un peu avec ça qu’on travaille, dans l’écriture et dans les ateliers : on cherche les mots qui s’approcheront le plus de ce qu’on aimerait dire. Oui, ce qu’on aimerait dire, qu’on ne connaît pas encore au moment de se mettre à écrire ; on ne le découvrira qu’après, quand l’écriture aura frayé son chemin jusqu’à la page…

 

Ressacs de la mémoire

Naissance de l’atelier

Cet atelier est né de plusieurs rencontres. La première rencontre a été la préparation d’une intervention sur le thème Mémoire et création littéraire, que j’ai présentée en mars 2024 dans le cadre d’un colloque qui réunissait des psys autour de la mémoire. (Vous trouverez le texte de mon intervention ici.)

Ce travail m’a conduite à me replonger dans un livre d’entretiens avec Pascaline David où Mauvignier raconte ses processus d’écriture (Les motifs de Laurent Mauvignier). Cet aller et retour entre l’œuvre littéraire et la générosité des paroles de Mauvignier sur d’où lui vient l’écriture a été passionnant. J’y ai trouvé la confirmation que l’inspiration des romans de l’auteur prend sa source dans le ressac souterrain de ses mémoires – mémoires des lieux, mémoires des expériences personnelles, mémoires des personnes de son entourage… Mémoires qui sont ensuite transformées par l’écriture.

    « Le problème, très souvent, c’est que les gens sont écrasés par l’idée d’avoir quelque chose à dire. Il ne faut pas avoir quelque chose à dire, il faut avoir quelque chose à faire. […] Après, le sens, de toute façon, si on a quelque chose à dire, on le dira. Ça se dit toujours. La question n’est pas d’être obsédé par l’idée de trouver ce qu’on a à dire, ou une « bonne idée », ou un sujet, c’est de se demander : « Comment faire ? Par où entrer dans le texte ? » Les motifs de Laurent Mauvignier, Entretiens sur l’écriture avec Pascaline David.

La deuxième rencontre a été la lecture, au mois d’août, de Jour de ressac, le dernier roman de Maylis de Kerangal. Kerangal a voulu donner à ce roman le décor de sa ville d’enfance, Le Havre. Elle a aussi voulu donner voix à une narratrice qui ne serait pas elle, et inventer une histoire qu’elle n’a pas elle-même vécu : c’est-à-dire créer une fiction à partir d’un lieu qui lui a été très familier, et qui est devenu « la matrice de ses rêveries ».

Alors, cherchant dans ma bibliothèque quelques uns des romans écrits par mes compagnons auteurs – ceux qui eux aussi ancrent des histoires inventées dans des lieux qu’ils ont connus –, je me suis dit que j’aimerais proposer un atelier Ressacs de la mémoire.

Atelier Ressacs de la mémoire

J’ai donné cet atelier une première fois en mars 2025. C’était un très bel atelier. Je renouvelle donc la proposition début juillet pour celles et ceux qui n’auraient pas pu se rendre disponibles aux dates précédentes. Voyez ici la présentation de cet atelier.

Écriture et ateliers

Septembre très beau dans le jardin me donne désir d’ouvrir ma porte à de nouveaux ateliers.

Certain.e.s d’entre vous me l’ont demandé, aussi, si vous désirez poser les bases d’un récit polyphonique à partir d’un thème qui vous tient à cœur – si vous êtes prêt.e à interviewer des personnes de votre entourage au sujet de ce thème avant l’atelier -, je vous invite à l’atelier Écrire en dialogue avec l’œuvre d’Olivia Rosenthal, du 25 au 27 novembre 2023.

Vous n’avez pas de projet précis mais vous aimeriez écrire et êtes prêt.e à donner entre 1 et 4 week-ends de votre temps à l’atelier ? Je vous invite à l’atelier Trouver sa voie dans l’écriture. Premier week-end les 9 et 10 décembre 2023.

Si vous habitez non loin de Montpellier, je vous invite à venir explorer le plaisir d’écrire des petites formes, les samedis 27 janvier et 10 février 2024.

D’autres ateliers seront proposés plus tard… en dialogue avec l’œuvre d’Anne Dufourmantelle, par exemple, en février peut-être… ou en dialogue avec l’œuvre de Laurent Mauvignier, en avril peut-être… Si vous désirez en être informé.e, il vous suffit de me déposer votre adresse en passant par la page contact de ce site.

Aller à la page des ateliers

Rôder autour d’une âme…

Écrire une évocation, rôder autour d’une âme…

« L’intitulé de cet atelier au long cours m’avait attirée. Avant que la mémoire et le temps n’opèrent un tri sélectif, je ressentais le besoin de saisir tout ce dont je me souvenais de mon frère disparu. Ne rien oublier de lui : l’enfant que j’avais vu grandir, l’homme qu’il était devenu…

Je me suis engagée dans ce travail d’écriture sans imaginer à quel point il serait exigeant. Moments parfois presque joyeux mais aussi douloureux dans cette remémoration…

Mais ce travail d’écriture avec Claire m’a permis au fil des huit propositions de me dégager du drame vécu, de ciseler l’écriture, pour peu à peu, chercher les mots, non plus ceux du chagrin mais ceux qui évoquent mon frère de la façon la plus juste. Écrire ce qu’il était et qui le rendait unique parmi les hommes.

Les propositions de l’atelier m’ont guidée et je me suis laissé conduire comme une aveugle dans cette évocation. J’ai senti un engagement et une présence réconfortante (bien qu’à distance) dans les retours de Claire sur mes textes. Avec elle, j’ai rôdé, oui, c’est le mot juste, je me suis tour à tour approchée puis éloignée quand « la matière » à écrire était brûlante.

Ce travail d’écriture m’a aidée à traverser cet « après-lui » et m’a révélé, comme dans la photographie, tout ce que mon frère m’a transmis. Je peux maintenant en conserver la trace.
Merci Claire. »

Francine Pradier

 

Découvrir ici l’atelier Écrire une évocation par e-mail dont parle Francine

Nouvelle année, nouveau lieu, nouveaux ateliers

Je vis désormais dans un lieu où je prends soin d’une maison et d’un jardin. À Castelnau le Lez. (À moins d’une demi-heure en tram du centre de la belle et vivante ville de Montpellier.)

Par la fenêtre le rouge-gorge, ami du jardinier ; une colombe, une mésange – la belle lumière de la fin de journée sur le kumquat récemment mis en terre.

Cette maison où je propose désormais mes ateliers.

Vous aimez écrire et lire ? Vous aimeriez être soutenu.e sur les chemins de vos créations ? Vous pensez que la présence de lectrices et lecteurs favorables vous aiderait à avancer ?
Découvrez ici la page des ateliers.

    « On écrit pour apprendre ce qu’on pense, et pour penser enfin jusqu’au bout ce qui végète, inabouti en soi. »
    Belinda Cannone, S’émerveiller

À vous une année douce, chaleureuse, vivifiante !

Écrire à Arles en juillet

Chaque été, les Rencontres d’Arles chahutent notre regard, d’un continent à l’autre. Elles nous rappellent à notre nécessité absolue d’exister.

Adriana Lestido

Cet été, Christoph Wiesner, directeur des Rencontres d’Arles, présente ainsi leur 53° édition :

    « Un été des révélations, cela semble presque une évidence. Comment nous faire voir ce qui nous crève les yeux, mais qui prend tant de temps à apparaître, comme si la révélation ne pouvait être qu’une naissance forcée ? La photographie, les photographes et les artistes qui s’en emparent sont là pour nous rappeler ce que nous ne voulons ni voir ni entendre : pourtant, comme le rappelle Emanuele Coccia, « c’est donc au sensible, aux images que l’homme demande un témoignage radical sur son propre être, sa propre nature ». »

C’est à un dialogue entre images et écriture que je vous invite pendant cet atelier. Le matin vous découvrez les expositions qui foisonnent dans les différents lieux de la ville, accompagné.e.s de votre carnet et de ma proposition d’écriture. Vous prenez des notes, cherchant à saisir ce qui fait rencontre entre votre propre regard et ceux des photographes. Puis vous trouvez votre endroit pour laisser libre cours à l’écriture en vous inspirant de vos notes : vous préparez le texte que vous apporterez, l’après-midi, dans l’atelier.

Dans l’atelier, l’après-midi, je vous invite à quelques retouches et/ou approfondissements, puis nous partageons les textes et faisons des retours dans le cadre de l’écoute bienveillante et constructive qui fonde l’esprit de mes ateliers.


Je vous donne, en fin d’après-midi, une nouvelle proposition pour le lendemain.

Décrypter les différents visages des mondes qui nous entourent en dialogue avec ce que les photographes nous en délivrent…

Dans l’atelier, il s’agira de donner vie à des personnages rencontrés au détour d’une exposition, d’imaginer les mondes qui sont les leurs, d’imaginer aussi d’autres rencontres… Vous découvrirez le formidable potentiel du langage pour dire et comprendre notre temps et celles et ceux qui l’habitent.

(Il sera intéressant de disposer d’un ordinateur pour compléter vos rencontres avec les images par des recherches documentaires sur internet, si besoin.)

 

Préparation de l’atelier Rosenthal

Avant de venir à l’atelier

Dans J’entends des voix, dont j’ai parlé ici, Olivia Rosenthal présente sa pratique de collecte de la parole des autres. J’aime qu’elle remarque que ses interlocuteurs « aiment sentir que leurs mots ont du poids ».

    « Dites-moi votre lieu de naissance ?
    Je ne sais pas, docteur.
    Quel âge avez-vous ?
    Amérique, Francfort, l’un des deux.
    Où habitez-vous ?
    C’est difficile à expliquer. »

Ici c’est la voix de Monsieur T., atteint de la maladie de A., dans On n’est pas là pour disparaître – un récit polyphonique initié par la question que l’auteure formulait ainsi : qui devient-on lorsqu’on a perdu la mémoire ? Lorsqu’on a perdu le sentiment d’être soi ?

    « Le hululement lugubre s’est éteint, la pièce était à nouveau silencieuse. On était assis, immobiles, et on a laissé tout cela, la nourriture et le reste, descendre le long de nos viscères. On n’avait pas imaginé que Fox oserait tout déballer, qu’il se mettrait à table à ce point. On l’admirait, je crois, on admirait sa capacité à montrer devant nous ses faiblesses. […] On baignait dans une douceur nouvelle, on avait l’impression qu’on allait pouvoir utiliser toute cette connaissance accumulée dans la nuit, la vie d’un autre, proche mais presque inconnu, pour nous consoler. »

Ici, c’est la voix de la narratrice d’Éloge des bâtards, cette voix qui raconte l’histoire qu’Olivia Rosenthal a tressée avec d’autres voix – celles de jeunes hommes et de jeunes femmes qui, chacun.e, raconte comment il ou elle vit le fait d’être un.e bâtard.e.

J’ai entendu l’auteure raconter sa surprise, le jour où elle s’est rendu compte que de nombreuses personnes, parmi ses proches, étaient des bâtards – nombreuses au point qu’il était difficile de croire au hasard. Son étonnement, sa curiosité l’ont poussée à mener l’enquête en recueillant leurs confidences.

« Olivia Rosenthal travaille à partir d’entretiens enregistrés, qu’elle retranscrit, relit, « rumine » jusqu’à trouver une forme, « trouver le lien entre ce que les gens [lui] racontent et ce [qu’elle] en fai[t] ». Un long processus pour se réapproprier ces voix afin de dégager, de leur désordre – élément capital, selon elle, pour que débutent les histoires ! – un fil fictionnel. Le livre constitue alors « la réponse à la question de savoir pourquoi [elle a] eu envie  de travailler sur ce thème », écrit Fred Robert, sur le site Zibeline.

C’est donc au jeu de la collecte de la parole des autres que je vous invite avant de rejoindre l’atelier Écrire en dialogue avec l’œuvre d’Olivia Rosenthal qui se tiendra du 2 au 4 février 2024 à Castelnau le Lez (34) :

Commencez par choisir un thème, ou une question qui vous tient à cœur.
Un thème issu de l’actualité ?
Une curiosité pour un métier que vous aimeriez découvrir de l’intérieur, par les confidences de celles et ceux qui le pratiquent ?
Une question qui vous occupe aujourd’hui ?
Un thème issu de votre vie intime, comme le fait Olivia Rosenthal lorsqu’elle demande à ses amis bâtards de lui raconter leur vie avant de transformer ces confidences en un récit polyphonique ? (« J’aime les bâtards, le projet était de les réhabiliter », dira-t-elle après avoir écrit son roman.)

Une fois votre thème arrêté, choisissez trois personnes avec lesquelles vous mènerez des entretiens. Vous les inviterez à raconter quelque chose de leur vie, ou de leur métier, ou de leur activité, ou de leurs goûts, ou de leurs manies secrètes – en lien avec votre thème.

    « Que faites-vous là ?
    Je ne sais pas.
    Avez-vous besoin de quelque chose ?
    Donnez-moi des gants.
    Des gants ? Je ne comprends pas.
    Ça me facilitera la tâche.
    Quelle tâche ?
    Attraper les enfants dans les arbres. »

Faire parler l’autre ? L’inviter à se raconter ?
Relancer son récit par des questions ouvertes… Désirer apprendre de lui ce que vous ne savez pas encore… Écouter sa façon singulière de dire, sa manière d’habiter la langue… Enregistrer l’entretien puis transcrire les paroles telles qu’elles ont été dites – en prenant soin de saisir la tournure des phrases, les hésitations, les répétitions, les coqs-à-l’âne, les tics de langage, les silences, etc.

Ensuite ? Eh bien vous viendrez avec cette matière dans l’atelier et nous assisterons à la naissance des histoires qui donneront à ces voix la présence de personnages dans vos récits.


En dialogue avec l’œuvre d’Olivia Rosenthal

« Je passe par la parole des autres pour connaître le monde »

écrit Olivia Rosenthal lorsqu’elle parle de sa relation avec l’écriture.

Dans J’entends des voix, texte publié dans le recueil Devenirs du roman, aux éditions Inculte, elle présente sa démarche littéraire ainsi :

    « Écrire, c’est croire dans les vertus du langage comme mode d’apparition du monde.
    Ces apparitions, aussi fugaces soient-elles, ne viennent que si on les suscite. Il faut travailler l’apparition, la préparer pour la faire advenir, exactement comme on prépare une expérience scientifique. […] Ma méthode, celle que j’ai expérimentée et précisée au fil des années, repose sur l’entretien. Je passe par la parole des autres pour connaître le monde.
    L’entretien […] m’ouvre à un savoir. Écouter des ouvriers de chantier, des spécialistes du cerveau, des employés des pompes funèbres, des surveillants de prison ou des détenus, c’est se décentrer, c’est entrer dans un univers dont je suis habituellement, pour diverses raisons, séparée.
    [Mes interlocuteurs] aiment sentir que leurs mots ont du poids. […] Ils profitent de cette occasion pour faire ce drôle d’exercice : raconter quelque chose de leur vie, de leur métier, de leur activité, le raconter pour eux et pour moi.
    Mes interlocuteurs disent des choses que l’on entend jamais dans les médias. »

Dans un entretien publié sur remue.net, Entrer dans la langue de l’autre et la saisir de l’intérieur, elle dit : « Les entretiens permettent aussi à l’écrivain que je suis de sortir de chez lui, de ne pas être centré sur son propre univers, d’entrer en relation avec d’autres mondes, des personnes qui ne parlent pas comme lui, dont les vies sont très différentes. J’ai pu rencontrer des gens avec qui […] je n’aurais jamais eu l’occasion de parler et qui, par le biais de mon travail, se sont fait entendre. […] Enfin, ce qui me plaît dans l’entretien, c’est d’entendre la langue des autres. Écouter les gens parler, ça permet d’entrer dans les rythmes de l’autre, sa syntaxe, son lexique, ça modifie l’appréhension et l’usage qu’on a de la langue française et pour un écrivain je crois que c’est très important. »

    « Je crois que tout ce travail d’écoute a élargi ma connaissance des hommes, l’a complexifiée. »

Entrer dans la langue de l’autre, l’investir ; explorer les mille manières de faire apparaître la parole de l’autre et de l’utiliser en la faisant vivre dans un récit ; à partir des voix recueillies, poser les bases d’un récit polyphonique… tel fut notre travail dans l’atelier Écrire en dialogue avec l’œuvre d’Olivia Rosenthal.

    « En tant qu’écrivaine, je trouve important, nécessaire, utile, de m’exposer à la parole de l’autre, de rendre compte de l’écart entre cette parole et la mienne. C’est pour moi une manière de disponibilité au murmure du monde, à la variété des discours qu’il véhicule. »

Écrivant en dialogue avec son œuvre, inventant les récits qui ont fait vivre les voix que vous aviez recueillies, nous nous sommes souvenu qu’Olivia Rosenthal n’a, lorsqu’elle commence un livre, aucune idée d’où elle va. Elle ajoute que l’écriture est « un jeu de piste que je traverse moi-même. »
Nous l’avons suivie pendant les trois jours de ce bel atelier, à l’écoute du murmure du monde.

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Découvrir l’écriture en atelier

Je me souviens de ma première fois en atelier

Il y avait cet intense mélange d’attirance et de peur qui m’avait conduite à pousser la porte de ce monde alors inconnu. J’aimais lire, j’aimais dessiner, j’écrivais pour moi, je couvrais des pages de ces écritures qu’on appelle intimes, qui resteraient intimes… Comment osais-je penser qu’il serait possible de partager ces balbutiements ?

La première fois… Qui étaient-ils ces inconnus assemblés autour de la table ce jour-là ? Le temps a effacé les visages. Je revois le lieu, la table, la masse des corps autour… je retrouve presque les traits de l’animatrice… C’était il y a si longtemps.

Ce dont je me souviens très nettement, par contre, c’est tout à coup les voix qui s’élèvent, la diversité des textes lus après le temps d’écriture, et la parole de l’animatrice accueillant chaque texte. J’avais balbutié, tremblante, la lecture du brouillon qu’il avait fallu extraire de ses ratures. (Je ne savais pas ce que je lisais.) Alors cette parole est venue, qui souligne la trouvaille, accueille la singularité – cette parole qui valide et le texte, et l’effort de l’écrire.

J’ai tout de suite profondément aimé les ateliers. Cette écoute, la diversité des textes nés d’une même proposition, ces paroles qui vivifient le désir d’écrire… tout cela, découvert ce premier jour sans le savoir, est ce que j’ai, depuis, cultivé – qui est devenu mon métier.

Chaque fois, pour chaque personne poussant la porte de mes ateliers, provoquer la rencontre avec son écriture.

Je suis à vos côté sur le chemin d’écrire : je connais les obstacles, les techniques ; je vous montre les passages, vous donne les outils. Votre écriture est le lieu de notre rencontre.

La prochaine rencontre aura lieu le week-end des 20 et 21 novembre à Saint Germain-en-Laye.

Vous pouvez aussi venir faire naître une histoire, pendant 3 jours, du 25 au 27 octobre, toujours à Saint Germain-en-Laye.

Viendriez-vous pousser la porte de l’atelier ?

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Les ateliers de l’été

Cet été je vous propose deux ateliers d’écriture dans ce grand jardin qui vous offre le calme de la campagne à 30 kilomètres du centre de Paris, et l’ombre apaisante des grands arbres.

 

Dans le premier atelier

nous ouvrirons grand les fenêtres des écritures sur les voix, les personnages dans le récit et les différentes formes de narration, en écrivant en dialogue avec l’œuvre romanesque de Laurent Mauvignier.

« Il n’y a pas qu’une personne en nous, jamais. On me dit parfois que je fais bien parler les femmes, mais moi, ce qui m’intéresse c’est d’aller chercher en moi le vieillard que je serai peut-être un jour. Il existe déjà… De la même manière, l’enfant que j’ai été est encore là. Il y a des strates en nous… Et il y a tous les êtres que nous ne serons jamais et qu’en même temps nous sommes quand même… En moi, il y a aussi une petite fille qui a peur, qui est dans son coin… » Laurent Mauvignier.

Dans le deuxième atelier

j’accueillerai les personnes qui, ayant inventé un personnage, l’ayant caractérisé à l’occasion de quelques actions, quelques scènes, se demandent comment le faire avancer, et dans quelle histoire.

Nous travaillerons avec l’arc transformationnel élaboré par Dara Marks, dans Inside story : « Nos personnages grandissent et évoluent intérieurement en relation directe avec les conflits et les obstacles qu’ils affrontent et surmontent dans le monde extérieur. Le vrai triomphe est la victoire que les personnages remportent sur leurs propres limitations ».

La dynamique transformationnelle du personnage entraînera l’évolution de l’intrigue. Nous donnerons corps et chair à ce personnage afin de rendre vivante sa transformation.

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