Ce qui sur le chemin permet d’avancer

« Plaisir. Plaisir de découvrir, chaque mois durant huit mois, une proposition d’écriture. »

Merci à Evelyne de nous raconter ici son expérience de l’atelier Écrire une histoire de vie par e-mail.

« Plaisir de découvrir, chaque mois durant huit mois, une proposition d’écriture. Plaisir d’en prendre connaissance, de la relire, la décrypter, s’y lancer, hésiter, y revenir… Écrire et puis attendre les commentaires de Claire. Attendre ce qui, sur le chemin, éclaire ou permet d’avancer. Ce qui permet de réfléchir, de donner un sens à ce qui est produit.

Parlons accompagnement : j’ai aimé qu’il soit gradué, distillé, m’amène en douceur vers ma propre écriture avec exigence, fermeté et générosité. J’ai aimé qu’il soit chaque fois ni tout à fait le même ni tout à fait un autre, donnant des repères et des appuis, des buts – guidant sans paraître y toucher.

J’ai dit générosité, j’ajouterai rigueur. L’accompagnement ne prend pas par la main mais indique un chemin à suivre. Il n’y a personne par dessus mon épaule, pas de modèle à recopier, mais des balises, des indications, des repères. Je pense à la lagune de Venise : si vaste et cependant pleine de routes tracées pour qui sait les lire – et la confiance en ceux qui les ont tracées.

Un autre élément à mon sens important : le contrat, l’engagement, la mise en jeu des deux parties. D’un côté, une proposition pensée, expérimentée, travaillée, pointue. De l’autre, une écrivaine en devenir, en gestation, en chemin mais aussi en dialogue. Je ne peux pas ne pas répondre à la proposition et en même temps j’apprends à jouer et à construire : un personnage, une histoire, un cadre, un projet d’écriture.

Et, j’insiste en reprenant le premier mot plaisir. Ce plaisir de se fondre totalement dans les mots, les lignes, je ne sais pas comment les appeler, sinon que se renouvelle à chaque fois le miracle d’y plonger sans m’y noyer, d’oublier le temps, mon âge, l’heure qu’il est, la saison, mon banquier, la musique des voisins. Découvrir, lorsque j’en émerge que la nuit est tombée, ou le jour s’est levé, ou qu’il n’est plus l’heure du thé (je ne bois pas de thé).

Reprendre quelque temps le courant de la vie puis revenir au texte, ne pas le reconnaître, recommencer parce qu’au fond de soi autre chose est tapi et qu’il faudra, quoi qu’il en soit, le débusquer. À la fin être satisfaite – je n’irai pas plus loin, pas cette fois. Je suis pleine de ce que j’ai écrit tout en étant légère : j’ai écrit.

Mois après mois, texte après texte, l’écriture s’installe, le projet se construit, je me l’approprie. Comme faire de la bicyclette, se surprendre un jour à pédaler seule et parier que très vite j’avancerai sans tenir le guidon. »

Evelyne Genevois

Ceija Stojka - Maison rouge 2018
Ceija Stojka – Maison rouge 2018


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Peut-être l’appellerons-nous plus tard la maison des ateliers ?

Peut-être m’y rejoindrez-vous, après la traversée de ces nuits les plus longues, de l’autre côté des fêtes ?

La maison aime accueillir les écritures, les ateliers.

Dans la maison, près du jardin au repos, nous avons ouvert le cycle Chantiers et, lundi dernier, le cycle Écrire avec les auteurs contemporains.

La prochaine fois ? Ce sera les 30 et 31 janvier, pour cet atelier ouvert à celles et ceux qui désirent arrêter le cours – trop – rapide des choses, le temps d’un week-end, et explorer l’écriture : Trouver sa voie dans l’écriture.

Après ? 3 jours d’atelier du 15 au 17 février, peut-être ? (« Peut-être », je le retirais souvent de mes phrases, avant ce satané covid.)
Non, l’atelier n’est pas encore inventé, l’information viendra par ici.

Mais d’ici là, fermons portes et fenêtres sur les longues nuits, le temps de se demander ce qu’on va bien pouvoir trouver, comme vœux pour la nouvelle année, autres que : meilleure que la précédente !

Que cette période de la bascule de la nuit vers la lumière vous soit aussi douce que possible.
À bientôt !

la maison des ateliers


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L’étonnement du voyageur

« Il va falloir que je m’applique à faire taire ces bruits bruyants qui couvrent le murmure de la vraie source. Retrouver ce silence où le rouge-gorge et l’étonnement d’être osent de nouveau chanter »,

écrit Claude Roy, dans L’étonnement du voyageur.

Ce livre, éveilleur de rêveries, est l’une des sources qui ont irrigué la conception de l’atelier Écrire le voyage, une invitation à interroger ces autres mondes – personnes, visages, paysages, façons d’être – qu’on rencontre en traversant les frontières ; écrire le désir pour ces autres contrées que celles qu’on arpente régulièrement ; creuser les voies de l’étonnement.

« Un papillon Belle-Dame passe dans le chemin, se pose sur un buisson, me donne deux battements de bonheur et s’envole. »
Claude Roy, Permis de séjour.

Traverser les frontières ? Ici, l’étonnement naît de l’observation de la nature, dans ce jardin où la vie m’a offert un abri depuis le premier confinement, dans ce jardin où je vous ai accueilli.e.s cet été pour deux ateliers, dans ce jardin où vous me rejoindrez pour l’atelier Écrire avec les auteurs contemporains, et Trouver sa voie dans l’écriture.

 

 

Dans ce jardin, le voyage est celui des saisons. Au mois de mai, j’ai planté des graines de soucis et, en août, une magnifique agapanthe. Agapanthus umbellatus, Agapanthus africanus ; aussi appelée Lis du Nil ou Tubéreuse bleue, originaire d’Afrique du sud – certains la disent aussi reine de l’été.

Assister à la naissance des fleurs,  cette merveille.

Quel est le signe de la beauté ? L’étonnement renouvelé.

 

Vivace, vigoureuse, l’agapanthe lance ses fleurs vers la lumière entre les arbres qui l’entourent, tandis qu’à ses pieds progresse l’orange des soucis.

 

Puis c’est l’automne, la fin de la courbe de vie, le moment de ramasser les graines – le nouveau confinement.

Ce jardin dans l’automne – l’or éphémère du gingko biloba, le frémissement des feuilles au bout des branches,  leur pluie si légère vers la prairie et, peu à peu, la structure dénudée des arbres et le subtil pâlissement des couleurs – ce lieu où, entourée de livres, je lis vos textes et prépare mes retours vers vous, qui vous êtes engagé.e.s dans l’un des ateliers par e-mail.

« J’aimerais avoir la politesse (ou le savoir) d’appeler tous les papillons par leur nom… Mais je ne sais en nommer qu’une vingtaine, les plus communs (le mot convient mal à leur élégance), de la piéride du chou, ballerine 1820, à la vanesse si bien nommée Belle-Dame, et du très distingué Demi-Deuil, avec ses non-couleurs raffinées, au Citron, dont le jaune est marqué des mêmes signes de caste rouges que le front de certaines Indiennes. J’étais content cet après-midi de rencontrer un Paon-de-jour, de pouvoir le saluer, et le féliciter des rapports de tons de ses « yeux », d’un goût si serré et voulu.
J’ai longtemps écarté l’hypothèse d’une esthétique de la nature, conçue pour séduire quel regard ? Mais la découverte dans les désert d’Arizona de dessins inscrits dans le sol et visibles seulement à très haute altitude m’a fait rêver. Les Indiens qui tracèrent ces signes, « l’évolution » qui a peint le Paon-du-jour proposent-ils leurs œuvres aux yeux d’un Amateur inconnu de nous ? »
Claude Roy, L’étonnement du voyageur.

 

 

 

 

« Écrire, multiplier sa vie et les expériences, pour sentir plus de choses, pour comprendre mieux les gens et les choses, pour tenter de savoir vivre. »
Claude Roy, L’étonnement du voyageur.

 

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Faire naître une histoire dans un jardin

Oui, c’est dans ce jardin, à l’ombre des grands arbres, à Saint Germain-en-Laye, que je vous invite à venir écrire et faire naître une histoire, du 24 au 26 août


Faire naître une histoire ?

Se laisser surprendre par les propositions d’écriture. Cheminer pas à pas – avec l’écriture, avec son goût pour les histoires, avec son désir de raconter, d’inventer.

Avancer dans le concret de la fabrication de l’histoire. Trouver un fil conducteur, imaginer et déployer une intrigue, incarner un ou des personnages — leur donner de la profondeur, les dynamiser avec une quête, les faire avancer dans l’histoire… Esquisser les premières péripéties, se demander comment fonctionne une scène…


Mettre l’histoire en mouvement, prendre goût au pas à pas de l’écriture, au pas à pas de l’imagination. Accepter de ne pas savoir ce qui s’écrira avant d’écrire. Et continuer, malgré le sentiment que ça ne va pas, que ça pourrait être mieux, qu’on n’y arrivera jamais… Aller plus loin, porté.e par le groupe, par l’élan donné dans l’atelier — avec les propositions, avec l’écriture, avec les autres.

Frayer, ce faisant, son propre chemin parmi le foisonnement des univers qui naissent et se déploient dans l’atelier : faire entendre sa singularité, son imagination propre, en donnant forme à l’histoire qu’on est seul.e à pouvoir raconter.


L’atelier vous accueille à l’ombre des grands arbres, tandis que les deux pies et les merles sautillent dans la prairie. Peut-être aurons-nous la chance d’apercevoir les écureuils ? La nature sera l’écrin où se développeront les histoires qui prendront corps dans l’atelier Faire naître une histoire.

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Écrire dans un jardin cet été

Écrire dans un jardin, à Saint Germain-en-Laye, cet été ?

Cet été je vous propose d’écrire dans un jardin, nous y construirons nos cabanes d’écriture dans la prairie, à l’ombre des grands arbres, accompagné.e.s du chant des oiseaux. Un nouveau lieu pour écrire, créer, jouer, inventer et partager les textes dans la belle écoute de l’atelier.

Saint Germain-en-Laye

Le premier atelier, dont j’avais parlé ici, vous invitera à écrire en dialogue avec l’œuvre de Maylis de Kerangal — il aura lieu du 20 au 23 juillet. Avec Kerangal, capter le réel – donner les lieux, les corps, l’atmosphère, le mouvement –, explorer différents états du texte, déployer la langue qui fera vivre le monde que vous choisirez d’écrire.

Le deuxième atelier, Faire naître une histoire, aura lieu du 24 au 26 août. Joyeuse chaufferie des imaginations, il vous vous accompagnera, pas à pas, à déployer votre histoire et lui donner forme — cette histoire que vous serez seul.e à pouvoir raconter.

Saint Germain-en Laye est à 30 kilomètres du centre de Paris, au terminus de la ligne A du RER. Jolie ville avec terrasse et jardins surplombant la Seine, forêt, et château. Des logements sont disponibles sur Airbnb.

Si par hasard il pleuvait, nous trouverions dans la grande pièce de la maison l’espace où écrire tout en gardant les distances requises.

Et voyez, ici, le jardin où nous nous retrouverons.

Évocations ?

Leur existence nous échappe. Pour la dire, il faut passer par la fiction.

Écrire une fiction née de la contemplation d’un visage, ou de l’empreinte d’une présence… Une évocation irriguée par les traces inscrites dans la mémoire de celui ou celle qui écrit.

Oui, c’est bien à écrire une évocation que je vous invite, ces évocations dont parle Dominique Viart lorsqu’il analyse les formes nouvelles d’imagination biographique nées de la littérature actuelle : « des biographies fictives, qui tentent de restituer des vies singulières, entre biographies imaginaires et évocations biographiques » ; des fictions qui « ne cherchent pas le moins du monde à masquer leur ignorance ».

Chercher à saisir le geste de celui ou celle qu’on évoque… Le geste ? Sa façon singulière d’être aux autres, au monde – ce qu’il ou elle joue, donne, transmet… Interroger ce geste dans ce qu’il a d’unique pour celle ou celui qui écrit.

Nous procéderons par questionnements, par touches successives – sans chercher à relater la continuité d’une vie -, dans un jeu de va-et-vient entre le sujet écrivant et son objet d’écriture… Et peut-être découvrirez-vous, chemin faisant, comment le désir dont vous êtes habité s’est nourri aux figures des autres ?

Je parlais ici de l’esprit de la collection L’un et l’autre, créée chez Gallimard par Jean-Bertrand Pontalis, qui donne, dans Traversée des ombres, le très sensible portrait de son ami, le poète Claude Roy.

« Au-dessus de deux fenêtres ouvertes sur le jardin, une photographie. Lassitude dans le regard, un regard très doux qui se porte ailleurs, au-delà de l’objectif, mais cet « ailleurs » n’a pas de nom, ce n’est pas un autre lieu, un autre monde, juste le signe que les amis, la femme passionnément aimée, les pays où il a voyagé, les écrivains et les peintres qu’il a connus, ses camarades de combat, que tous ceux-là qui lui ont donné le goût de vivre ne seront plus là pour lui, un jour qui ne va pas tarder à venir. […] Cent fois la question a dû lui être posée : « Comment t’y prends-tu pour concilier ton amour des chats et ton amour des oiseaux ? Comment peux-tu supporter qu’Una, qui dort sur tes genoux, se souvenant soudain qu’elle est un félin, se précipite pour s’emparer d’une fauvette ? » J’imagine que Claude devait répondre par un sourire de chat et s’envoler à tire-d’aile. « Tu vois, aurait-il dit, c’est tout simple. Mais je ne suis pas un conciliateur. Pourquoi ne pourrais-je pas aimer les chats et les oiseaux, la Lande de Belle-Île et les rues de Paris, Kyoto et Venise, les morts et les vivants, l’hier et l’aujourd’hui, Pierre et Paul qui pourtant se détestent ? »

De nombreux auteurs contemporains nourriront le travail de l’atelier. Bergounioux, Cannone, Darrieussecq, Dussidour, Gantheret, Germain, Gracia, Lachaux, Léger, Liscano, Michon, Pauly, Pontalis… J’en oublie…

Nathalie Léger, parmi eux, pour ce qu’elle dit de son travail autour de personnages ayant existé. « Cette circularité, entre soi et le personnage, qui fait écrire à partir des questions que ce personnage nous pose. » Le moteur de l’écriture d’un triptyque : L’exposition, puis Supplément à la vie de Barbara Loden, jusqu’à La robe blanche.

« Pourquoi cette fille, à qui tout semble réussir lorsqu’elle fait un film, met en scène un personnage qui est la déchéance même ? C’est cet écart qui m’a intéressée. »
Nathalie Léger, parlant de Supplément à la vie de Barbara Loden.

Voir ici la présentation de cet atelier désormais proposé par e-mail.

Modigliani - MET New York


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Rôder autour d’une âme ?

« Comme il n’est pas possible de connaître l’âme d’autrui, on peut tout juste rôder autour. » Carlos Liscano.

Voilà, c’est à cela que j’aimerais vous inviter : rôder autour de l’âme de quelqu’un qui a compté pour vous, en écrivant.

Quelqu’un ? Aussi bien un, ou une, qui a occupé avec éclat le devant de la scène, qu’un autre, ou une autre, qui ne serait présent – ou présente – que sur votre scène intérieure, car il ou elle aurait compté pour vous.

« Il avance, tête courbée, pour échapper aux ciels et aux plafonds, chaque femme qu’il croise porte une arme dans son sac, sous son manteau, dans les fleurs de son bouquet, il en tremble de peur, il la suit, tente de s’en assurer en la dévêtant, elle nie, elle crie, elle appelle au secours, on appelle ça une tentative d’agression, les lignes se brouillent et se précipitent, pourtant il peint, la nuit, très vite, entre une bouteille de vin vide et une bouteille de vin pleine, des toiles éclatantes d’énergie et de vitalité, des écoliers en noir, des canards en jaune, des ciels bleus, des neiges blanches, dans son regard hébété, ses traits défaits par l’effroi des jours ses yeux résistent, enregistrent le chocs, le compte des déboires et des rechutes. »
Dominique Dussidour, Si c’est l’enfer qu’il voit.

Nous nous inspirerons de l’esprit de la collection L’un et l’autre autrefois dirigée par Jean-Bertrand Pontalis, chez Gallimard : « écrire des vies, mais telles que la mémoire les invente, que notre imagination les recrée, qu’une passion les anime. Des récits subjectifs, à mille lieux de la biographie traditionnelle ».

« Je l’envie. Ce chemin qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort, je sais comme il fut aride, douloureux, décevant sans cesse, et dans quelle solitude il le parcourra. Mais, si tôt dans une vie d’homme, et de façon si certaine, savoir que là est son destin, sa tâche, sa nécessité absolue, douter toujours de l’accomplir vraiment, mais jamais de la route à suivre, et témoigner de ce que l’on découvre, donner à d’autres hommes des yeux qu’ils ne connaissent pas, et le donner si généreusement qu’ils ne pourront éprouver que la gratitude et non l’envie… voilà ce que j’envie. »
François Gantheret, Petite route du Tholonet.

Quelles fictions naîtront de la contemplation d’une présence intérieure, ou de la recherche documentaire ? Nous procéderons par évocation plus que par reconstitution, laisserons aller la rêverie narrative, ses incertitudes.

L’un et l’autre : vous et votre héros secret ; entre vous, un lien intime et fort. Alors oui, vous chercherez à saisir ce qui vous échappe, dont vous êtes pourtant habité.

Voir la présentation de cet atelier maintenant proposé par e-mail.


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Écrire avec les auteurs contemporains

« Écrire, c’est croire dans les vertus du langage comme mode d’apparition du monde »

« Ces apparitions, aussi fugaces soient-elles, ne viennent que si on les suscite. Il faut travailler l’apparition, la préparer pour la faire advenir, exactement comme on prépare une expérience scientifique. Ce travail, chacun l’organise à sa manière », écrit Olivia Rosenthal dans J’entends des voix (in Devenirs du roman, Éd. Inculte).

Connaître le monde, éprouver ce que l’énergie d’un texte fait vivre au langage – comment il fait bouger la langue, et déplace nos représentations…

Nicole Caligaris (toujours dans Devenirs du roman) pense qu’écrire serait « la tentative de toucher une réalité qui excède les cadres de notre intelligence et, dans l’incongruité du texte, dans sa sensibilité, sa pénétration par le songe, qui ait une chance de convoquer ce qui ne nous est pas intelligible. » Elle parle aussi de chercher « la rigueur du littéraire – celle de la justesse du texte, de son économie, de sa musique, de l’énergie qui s’y déploie. »

Anne Savelli, elle, joignant sa voix à celles de ce recueil, se demande sur quoi écrire se fonde pour elle : « De faux, de vrais souvenirs. Des colères à faire évoluer et d’anciennes lectures, des documentaires en coffrets, en ligne, des recherches sur le site de l’INA, des concerts, des playlists. Des extraits de JT, des films de fictions, le moteur de Wikipédia. Des tweets, des liens, une femme qui passe, jamais aucun conseil, la mention d’une géante, des photos, un départ de rampe. Une rue, une ombre, une gravure du XVIIIe siècle. Un tampon du ministère de la Justice. La liste de ce qu’on peut envoyer à Noël par la poste quand on est famille de détenu. […] La sensation de tomber, la marche, le plan de la ville, pour écrire je me fonde sur quoi ? L’urgence, comme on dit, résumée par un mot chaque fois différent dont je ne comprends pas alors l’importance. La nécessité. Quelque chose qui n’a pas l’air de me demander mon avis, en tout cas. »

S’approcher de ses propres processus d’écriture en s’inspirant des auteurs qui racontent comment ils travaillent aujourd’hui. Faire bouger la langue, tenter la recherche, la sensibilité, la pénétration par le songe, et joindre sa voix à celles des auteurs contemporains : c’est à ces expériences que je vous invite dans l’atelier Écrire avec les auteurs contemporains.


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Faire naître une histoire

Vous aimez lire, écrire, jouer ?

Vous aimez les histoires et l’imagination, vous écrivez des textes brefs, vous aimeriez entrer dans l’aventure d’un récit long ?

— J’ai des tas de débuts d’histoires dans mes tiroirs… mais comment aller plus loin ?
— J’ai envie d’écrire, mais quoi ? Autobio ? Fiction ? Et surtout : comment accrocher les lecteurs ?
— Je n’ai pas d’imagination ! J’ai bien un vague projet, mais comment le mettre en œuvre ? Il doit bien y avoir des astuces, des trucs à savoir, une méthode ?
— J’aime écrire, c’est un rêve de jeunesse, mais je ne suis pas assez assidu.
— Des tas de personnages se bousculent dans ma tête, mais dans quelle histoire puis-je les faire évoluer ?
— Écrire, c’est toujours très cahotique pour moi… Dès qu’il s’agit d’écrire long, je rencontre des tas de dilemmes, je m’y perds…
— J’ai des tas d’idées, mais je ne sais pas comment les mettre en œuvre. J’ai besoin d’être aidé.
— J’ai bien une idée d’histoire, et quelques péripéties en tête, mais comment organiser tout ça ?
— Comment mon personnage arrivera-t-il où j’ai envie de le conduire ? J’ai besoin d’être orientée et stimulée.
— J’ai déjà publié des écrits universitaires, j’ai envie d’écrire autrement.
— Chaque fois que j’ai commencé un roman, je me suis arrêté aux deux-tiers… Je me lasse. J’aimerais arriver au bout cette fois.
— Seule, je n’y arrive pas, j’ai besoin qu’on m’aide à avancer.

Cheminer dans la fiction. Entrer pas à pas dans son histoire, dans le concret de la fabrication de l’histoire qu’on va raconter. Trouver un fil conducteur, imaginer et déployer une intrigue, incarner un personnage — lui donner de la profondeur, le dynamiser avec une quête, le faire avancer dans l’histoire… Esquisser les premières péripéties, se demander comment fonctionne une scène…

Frayer, ce faisant, son propre chemin parmi le foisonnement des univers qui naissent et se développent dans l’atelier. Faire entendre sa singularité, son imagination propre, en donnant forme à l’histoire qu’on est seul.e à pouvoir raconter.

Accepter de ne pas savoir ce qui s’écrira avant d’écrire. Accompagner la mise en mouvement de l’histoire, prendre goût au pas à pas de l’écriture, au pas à pas de l’imagination.

Continuer, malgré le sentiment que ça ne va pas. Aller plus loin : avec les propositions, avec l’écriture, avec les autres. Être porté.e par un groupe, par l’élan donné dans l’atelier.

L’atelier peut être suivi par e-mail. Il vous invite à transformer une idée de départ en projet concret ; à donner forme à l’intrigue qui soutiendra votre récit ; à créer des personnages en lien avec le thème que vous aurez choisi ; à choisir la forme de narration qui servira votre projet ; à trouver, enfin, comment donner force et conviction à votre histoire.

Ensuite, si vous avez pris goût à l’aventure de l’atelier, si vous désirez avancer dans votre récit, si vous avez mesuré l’importance d’être soutenu.e pour construire votre histoire, il sera possible de la poursuivre dans l’Atelier Chantiers.

Et peut-être, plus tard, direz-vous, comme d’autres avant vous, qu’un truc important s’est mis en marche. « Plus on avance, plus on a de points d’appui dans notre histoire, plus on se projette loin… mais plus on avance et plus la matière à charrier devient dense, foisonnante, risque de s’éparpiller ; on perçoit mieux combien il est compliqué de la raconter. »

Imaginer, raconter, construire. C’est l’aventure, et le travail, auxquels vous invite cet atelier.


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Fenêtre ouverte sur

L’atelier est une fenêtre ouverte sur le monde, sur les imaginations et les expériences, sur les histoires et les rêves, sur les univers singuliers qui se déploient dans les livres.

    « Écrire est un boulot solitaire. Avoir quelqu’un qui croit en vous fait une sacrée différence. Ce quelqu’un n’a pas besoin de faire de discours. Qu’il croie en vous est en général suffisant », écrit Stephen King, grand écrivain américain, dans Écrire, mémoires d’un métier.

Stephen King a-t-il suivi des ateliers d’écriture à la faculté comme bon nombre d’écrivains américains ? Je ne sais. Mais il connaît la nécessité des lecteurs favorables que nous instituons autour des écritures dans l’atelier. Un lecteur, des lecteurs qui connaissent l’écriture de l’intérieur, encouragent, donnent la confiance d’avancer, d’aller plus loin. Ainsi, Stephen King racontant son métier d’écrivain, rend-il hommage à celle qui a tenu ce rôle tout le long de sa vie — son épouse –, sans qui, dit-il, il n’aurait pas écrit.

Stephen King écrit aussi :

    « Écrire revient à enrichir la vie de ceux qui liront vos ouvrages, mais aussi à enrichir votre propre vie. C’est se tenir debout, aller mieux, surmonter les difficultés. Et faire qu’on soit heureux, d’accord ? Oui, faire qu’on soit heureux. […] Écrire est magique, écrire est l’eau de la vie au même titre que n’importe quel art. L’eau est gratuite. Alors, buvez.
    Buvez, buvez à satiété. »

Vous voulez essayer ? Venez pousser la porte de l’atelier le temps d’un week-end, à Paris, dans le quartier Montorgueil.

Par la fenêtre de l’atelier entre le grand souffle de la vie qui irrigue les écritures et les partages des textes. Ain si le disait autrement Rutger Kopland : « Écrire, c’est trouver ce qui vit en toi. »


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