Découvrir l’écriture en atelier

Je me souviens de ma première fois en atelier

Il y avait cet intense mélange d’attirance et de peur qui m’avait conduite à pousser la porte de ce monde alors inconnu. J’aimais lire, j’aimais dessiner, j’écrivais pour moi, je couvrais des pages de ces écritures qu’on appelle intimes, qui resteraient intimes… Comment osais-je penser qu’il serait possible de partager ces balbutiements ?

La première fois… Qui étaient-ils ces inconnus assemblés autour de la table ce jour-là ? Le temps a effacé les visages. Je revois le lieu, la table, la masse des corps autour… je retrouve presque les traits de l’animatrice… C’était il y a si longtemps.

Ce dont je me souviens très nettement, par contre, c’est tout à coup les voix qui s’élèvent, la diversité des textes lus après le temps d’écriture, et la parole de l’animatrice accueillant chaque texte. J’avais balbutié, tremblante, la lecture du brouillon qu’il avait fallu extraire de ses ratures. (Je ne savais pas ce que je lisais.) Alors cette parole est venue, qui souligne la trouvaille, accueille la singularité – cette parole qui valide et le texte, et l’effort de l’écrire.

J’ai tout de suite profondément aimé les ateliers. Cette écoute, la diversité des textes nés d’une même proposition, ces paroles qui vivifient le désir d’écrire… tout cela, découvert ce premier jour sans le savoir, est ce que j’ai, depuis, cultivé – qui est devenu mon métier.

Chaque fois, pour chaque personne poussant la porte de mes ateliers, provoquer la rencontre avec son écriture.

Je suis à vos côté sur le chemin d’écrire : je connais les obstacles, les techniques ; je vous montre les passages, vous donne les outils. Votre écriture est le lieu de notre rencontre.

La prochaine rencontre aura lieu le week-end des 20 et 21 novembre à Saint Germain-en-Laye.

Vous pouvez aussi venir faire naître une histoire, pendant 3 jours, du 25 au 27 octobre, toujours à Saint Germain-en-Laye.

Viendriez-vous pousser la porte de l’atelier ?

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Les ateliers de l’été

Cet été je vous propose deux ateliers d’écriture dans ce grand jardin qui vous offre le calme de la campagne à 30 kilomètres du centre de Paris, et l’ombre apaisante des grands arbres.

 

Dans le premier atelier

nous ouvrirons grand les fenêtres des écritures sur les voix, les personnages dans le récit et les différentes formes de narration, en écrivant en dialogue avec l’œuvre romanesque de Laurent Mauvignier.

« Il n’y a pas qu’une personne en nous, jamais. On me dit parfois que je fais bien parler les femmes, mais moi, ce qui m’intéresse c’est d’aller chercher en moi le vieillard que je serai peut-être un jour. Il existe déjà… De la même manière, l’enfant que j’ai été est encore là. Il y a des strates en nous… Et il y a tous les êtres que nous ne serons jamais et qu’en même temps nous sommes quand même… En moi, il y a aussi une petite fille qui a peur, qui est dans son coin… » Laurent Mauvignier.

Dans le deuxième atelier

j’accueillerai les personnes qui, ayant inventé un personnage, l’ayant caractérisé à l’occasion de quelques actions, quelques scènes, se demandent comment le faire avancer, et dans quelle histoire.

Nous travaillerons avec l’arc transformationnel élaboré par Dara Marks, dans Inside story : « Nos personnages grandissent et évoluent intérieurement en relation directe avec les conflits et les obstacles qu’ils affrontent et surmontent dans le monde extérieur. Le vrai triomphe est la victoire que les personnages remportent sur leurs propres limitations ».

La dynamique transformationnelle du personnage entraînera l’évolution de l’intrigue. Nous donnerons corps et chair à ce personnage afin de rendre vivante sa transformation.

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Tandis que je mettais en terre…

… les graines qui depuis deux mois montent dans l’entrée vitrée de la maison transformée en serre…

(Cosmos, Pavots, Pavots de Californie, Centaurée, Pieds d’Alouette, Coreopsis, Bidens, Aneth, Ammi, Lavatère, Centaurée, Escholttzia, Gypsophile… graines trouvées dans le jardin de Monet à Giverny après le premier confinement… Préparer le jardin pour l’été est le bonheur de ces jours-ci.) … Tandis que je mettais en terre les graines qui fleuriront le jardin cet été, deux places se sont libérées pour l’atelier du week-end prochain, les 8 et 9 mai, à Saint Germain-en-Laye. Nous travaillerons en dialogue avec Les Années, d’Annie Ernaux.

« Je n’ai pas cherché à m’écrire, à faire œuvre de ma vie : je me suis servie d’elle, des événements, généralement ordinaires, qui l’ont traversée, des situations et des sentiments qu’il m’a été donné de connaître, comme d’une matière à explorer pour saisir et mettre au jour quelque chose de l’ordre d’une vérité sensible. »

« C’était un printemps pareil aux autres, avec un mois d’avril à giboulées et Pâques qui tombait tard. On avait suivi les Jeux olympiques d’hiver avec Jean-Claude Killy, lu Élise ou la vraie vie, changé fièrement la R8 contre une berline Fiat, commencé d’étudier Candide avec les premières G, ne prêtant qu’une attention vague aux troubles dans les universités parisiennes relatées à la radio. Comme d’habitude ils seraient réprimés par le pouvoir. Mais la Sorbonne fermait, les épreuves écrites du Capes n’avaient lieu, il y avait des affrontements avec la police. Un soir, on a entendu des voix haletantes sur Europe n°1, il y avait des barricades au Quartier latin comme à Alger dix ans plus tôt, des cocktails Molotov et des blessés. Maintenant on avait conscience qu’il se passait quelque chose et on n’avait plus envie de reprendre le lendemain la vie normale. On se croisait, indécis, on s’assemblait. On cessait de travailler sans raison précise ni revendication, par contagion, parce qu’il est impossible de faire quelque chose quand surgit l’inattendu, sauf attendre. […]
Nous nous reconnaissions dans les étudiants à peine plus jeunes que nous balançant des pavés sur les CRS. Ils renvoyaient au pouvoir, à notre place, ses années de censure et de répression, le matage violent des manifestations contre la guerre en Algérie, les ratonnades, La Religieuse interdite et les DS noires des officiels. Ils nous vengeaient de toute la contention de notre adolescence, du silence respectueux dans les amphis, de la honte à recevoir des garçons en cachette dans les chambres de la cité. C’est en soi-même, dans les désirs brimés, les abattements de la soumission, que résidait l’adhésion aux soirs flambants de Paris. On regrettait de ne pas avoir connu tout cela plus tôt mais on se trouvait chanceux que ça nous arrive en début de carrière.
»

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Conditions pratiques : aller à la page de l’atelier Trouver sa voie dans l’écriture

Des naissances dans un jardin

Accompagner la naissance de vos personnages, les faire surgir ?

Le personnage ne dit rien, certes, « mais il est si passionnément désireux de passer dans la langue, d’être accueilli dans l’écriture, qu’il fait vibrer le langage en sourdine. (…) Alors le langage se met à remuer étrangement dans la pensée encore indécise de l’écrivain sollicité. Il remue, il remue, comme une eau inquiète, une lave en tourment, balbutiante. » Sylvie Germain, Les personnages.

Où se trouve l’inspiration, entre expériences et réalité et imagination ? Nous commencerons par explorer différentes sources d’écriture. Certains personnages viendront de ces espaces entre rêves et rêverie langagière où naissent les imaginations ; d’autres surgiront de vos expériences, de vos ascendances, de vos rencontres… Le deuxième jour, ils se seront invités dans vos textes, ils seront là.

« Un jour, ils sont là. Un jour, sans aucun souci de l’heure (…) Là, à la frontière entre le rêve et la veille, au seuil de la conscience. Et ils brouillent cette mince frontière, la traversent avec l’agilité d’un contrebandier. » Sylvie Germain, Les Personnages.

Dans l’atelier, pendant trois jours, alors qu’autour de nous dans le jardin jailliront les roses les lilas et les fleurs odorantes des orangers du Mexique, il s’agira d’écriture et de littérature ; de donner à ces personnages surgis dans vos textes la vie – le mystère ? la quête ? – qu’ils vous inspireront.

Qu’est-ce qu’un personnage littéraire ? Comment le rendre vivant, le mettre en mouvement, le donner à voir aux lecteurs au point qu’il reste inscrit, vivant dans leur mémoire ?

Ensemble, nous caractériserons vos personnages, leur donnerons du goût, de la chair, de la présence. Nous les verrons naître et grandir ; nous découvrirons leurs obsessions et leurs faiblesses, les lieux qu’ils arpentent, leurs abris, leur nécessité propre, leur façon d’habiter le monde. Nous chercherons leur singularité dans la langue.

« Que les corps se lèvent, marchent et l’espace de trois phrases, dans l’esprit des lecteurs, apparaissent, soient là et vivent. » Pierre Michon, Le roi vient quand il veut.

Nous utiliserons les outils de la dramaturgie pour dynamiser et complexifier vos personnages, les doterons d’un secret, les confronterons à des conflits. Texte après texte, vous les ferez progresser dans une histoire, vous esquisserez une intrigue.

Nous serons, tout le long de cet atelier, en compagnie de personnages nés de la littérature contemporaine. Pierre Michon, Laurent Mauvignier, Elizabeth George, Sylvie Germain, Maylis de Kerangal, Nathalie Léger, Michèle Desbordes, Pierre Bergounioux, Raymond Carver, Richard Brautigan, Pierrette Fleutiaux, Belinda Cannone, Régine Detambel, Jeanne Benameur, François Bon, Anne Dufourmantelle, Sophie Calle, Nicole Malinconi, Bernard-Marie Koltès, Sylvie Gracia…

Nous serons plus nombreux, le dernier jour, que les cinq ou six personnes réunies pour écrire dans l’atelier, et riches de ces autres nés de vos écritures – ces autres dont nous aurons pris soin, les accompagnant de la belle écoute de ce qui se trame et s’invente dans l’atelier.

printemps aux Buttes Chaumont

Ce qui sur le chemin permet d’avancer

« Plaisir. Plaisir de découvrir, chaque mois durant huit mois, une proposition d’écriture. »

Merci à Evelyne de nous raconter ici son expérience de l’atelier Écrire une histoire de vie par e-mail.

« Plaisir de découvrir, chaque mois durant huit mois, une proposition d’écriture. Plaisir d’en prendre connaissance, de la relire, la décrypter, s’y lancer, hésiter, y revenir… Écrire et puis attendre les commentaires de Claire. Attendre ce qui, sur le chemin, éclaire ou permet d’avancer. Ce qui permet de réfléchir, de donner un sens à ce qui est produit.

Parlons accompagnement : j’ai aimé qu’il soit gradué, distillé, m’amène en douceur vers ma propre écriture avec exigence, fermeté et générosité. J’ai aimé qu’il soit chaque fois ni tout à fait le même ni tout à fait un autre, donnant des repères et des appuis, des buts – guidant sans paraître y toucher.

J’ai dit générosité, j’ajouterai rigueur. L’accompagnement ne prend pas par la main mais indique un chemin à suivre. Il n’y a personne par dessus mon épaule, pas de modèle à recopier, mais des balises, des indications, des repères. Je pense à la lagune de Venise : si vaste et cependant pleine de routes tracées pour qui sait les lire – et la confiance en ceux qui les ont tracées.

Un autre élément à mon sens important : le contrat, l’engagement, la mise en jeu des deux parties. D’un côté, une proposition pensée, expérimentée, travaillée, pointue. De l’autre, une écrivaine en devenir, en gestation, en chemin mais aussi en dialogue. Je ne peux pas ne pas répondre à la proposition et en même temps j’apprends à jouer et à construire : un personnage, une histoire, un cadre, un projet d’écriture.

Et, j’insiste en reprenant le premier mot plaisir. Ce plaisir de se fondre totalement dans les mots, les lignes, je ne sais pas comment les appeler, sinon que se renouvelle à chaque fois le miracle d’y plonger sans m’y noyer, d’oublier le temps, mon âge, l’heure qu’il est, la saison, mon banquier, la musique des voisins. Découvrir, lorsque j’en émerge que la nuit est tombée, ou le jour s’est levé, ou qu’il n’est plus l’heure du thé (je ne bois pas de thé).

Reprendre quelque temps le courant de la vie puis revenir au texte, ne pas le reconnaître, recommencer parce qu’au fond de soi autre chose est tapi et qu’il faudra, quoi qu’il en soit, le débusquer. À la fin être satisfaite – je n’irai pas plus loin, pas cette fois. Je suis pleine de ce que j’ai écrit tout en étant légère : j’ai écrit.

Mois après mois, texte après texte, l’écriture s’installe, le projet se construit, je me l’approprie. Comme faire de la bicyclette, se surprendre un jour à pédaler seule et parier que très vite j’avancerai sans tenir le guidon. »

Evelyne Genevois

Ceija Stojka - Maison rouge 2018
Ceija Stojka – Maison rouge 2018

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Peut-être l’appellerons-nous plus tard la maison des ateliers ?

Peut-être m’y rejoindrez-vous, après la traversée de ces nuits les plus longues, de l’autre côté des fêtes ?

La maison aime accueillir les écritures, les ateliers.

Dans la maison, près du jardin au repos, nous avons ouvert le cycle Chantiers et, lundi dernier, le cycle Écrire avec les auteurs contemporains.

La prochaine fois ? Ce sera les 30 et 31 janvier, pour cet atelier ouvert à celles et ceux qui désirent arrêter le cours – trop – rapide des choses, le temps d’un week-end, et explorer l’écriture : Trouver sa voie dans l’écriture.

Après ? 3 jours d’atelier du 15 au 17 février, peut-être ? (« Peut-être », je le retirais souvent de mes phrases, avant ce satané covid.)
Non, l’atelier n’est pas encore inventé, l’information viendra par ici.

Mais d’ici là, fermons portes et fenêtres sur les longues nuits, le temps de se demander ce qu’on va bien pouvoir trouver, comme vœux pour la nouvelle année, autres que : meilleure que la précédente !

Que cette période de la bascule de la nuit vers la lumière vous soit aussi douce que possible.
À bientôt !

la maison des ateliers

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L’étonnement du voyageur

« Il va falloir que je m’applique à faire taire ces bruits bruyants qui couvrent le murmure de la vraie source. Retrouver ce silence où le rouge-gorge et l’étonnement d’être osent de nouveau chanter »,

écrit Claude Roy, dans L’étonnement du voyageur.

Ce livre, éveilleur de rêveries, est l’une des sources qui ont irrigué la conception de l’atelier Écrire le voyage, une invitation à interroger ces autres mondes – personnes, visages, paysages, façons d’être – qu’on rencontre en traversant les frontières ; écrire le désir pour ces autres contrées que celles qu’on arpente régulièrement ; creuser les voies de l’étonnement.

« Un papillon Belle-Dame passe dans le chemin, se pose sur un buisson, me donne deux battements de bonheur et s’envole. »
Claude Roy, Permis de séjour.

Traverser les frontières ? Ici, l’étonnement naît de l’observation de la nature, dans ce jardin où la vie m’a offert un abri depuis le premier confinement, dans ce jardin où je vous ai accueilli.e.s cet été pour deux ateliers, dans ce jardin où vous me rejoindrez pour l’atelier Écrire avec les auteurs contemporains, et Trouver sa voie dans l’écriture.

Dans ce jardin, le voyage est celui des saisons. Au mois de mai, j’ai planté des graines de soucis et, en août, une magnifique agapanthe. Agapanthus umbellatus, Agapanthus africanus ; aussi appelée Lis du Nil ou Tubéreuse bleue, originaire d’Afrique du sud – certains la disent aussi reine de l’été.

Assister à la naissance des fleurs,  cette merveille.

Quel est le signe de la beauté ? L’étonnement renouvelé.

Vivace, vigoureuse, l’agapanthe lance ses fleurs vers la lumière entre les arbres qui l’entourent, tandis qu’à ses pieds progresse l’orange des soucis.

 

Puis c’est l’automne, la fin de la courbe de vie, le moment de ramasser les graines – le nouveau confinement.

Ce jardin dans l’automne – l’or éphémère du gingko biloba, le frémissement des feuilles au bout des branches,  leur pluie si légère vers la prairie et, peu à peu, la structure dénudée des arbres et le subtil pâlissement des couleurs – ce lieu où, entourée de livres, je lis vos textes et prépare mes retours vers vous, qui vous êtes engagé.e.s dans l’un des ateliers par e-mail.

« J’aimerais avoir la politesse (ou le savoir) d’appeler tous les papillons par leur nom… Mais je ne sais en nommer qu’une vingtaine, les plus communs (le mot convient mal à leur élégance), de la piéride du chou, ballerine 1820, à la vanesse si bien nommée Belle-Dame, et du très distingué Demi-Deuil, avec ses non-couleurs raffinées, au Citron, dont le jaune est marqué des mêmes signes de caste rouges que le front de certaines Indiennes. J’étais content cet après-midi de rencontrer un Paon-de-jour, de pouvoir le saluer, et le féliciter des rapports de tons de ses « yeux », d’un goût si serré et voulu.
J’ai longtemps écarté l’hypothèse d’une esthétique de la nature, conçue pour séduire quel regard ? Mais la découverte dans les désert d’Arizona de dessins inscrits dans le sol et visibles seulement à très haute altitude m’a fait rêver. Les Indiens qui tracèrent ces signes, « l’évolution » qui a peint le Paon-du-jour proposent-ils leurs œuvres aux yeux d’un Amateur inconnu de nous ? »
Claude Roy, L’étonnement du voyageur.

« Écrire, multiplier sa vie et les expériences, pour sentir plus de choses, pour comprendre mieux les gens et les choses, pour tenter de savoir vivre. »
Claude Roy, L’étonnement du voyageur.

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Faire naître une histoire dans un jardin

Oui, c’est dans ce jardin, à l’ombre des grands arbres, à Saint Germain-en-Laye, que je vous invite à venir écrire et faire naître une histoire, du 24 au 26 août

Faire naître une histoire ?

Se laisser surprendre par les propositions d’écriture. Cheminer pas à pas – avec l’écriture, avec son goût pour les histoires, avec son désir de raconter, d’inventer.

Avancer dans le concret de la fabrication de l’histoire. Trouver un fil conducteur, imaginer et déployer une intrigue, incarner un ou des personnages — leur donner de la profondeur, les dynamiser avec une quête, les faire avancer dans l’histoire… Esquisser les premières péripéties, se demander comment fonctionne une scène…

Mettre l’histoire en mouvement, prendre goût au pas à pas de l’écriture, au pas à pas de l’imagination. Accepter de ne pas savoir ce qui s’écrira avant d’écrire. Et continuer, malgré le sentiment que ça ne va pas, que ça pourrait être mieux, qu’on n’y arrivera jamais… Aller plus loin, porté.e par le groupe, par l’élan donné dans l’atelier — avec les propositions, avec l’écriture, avec les autres.

Frayer, ce faisant, son propre chemin parmi le foisonnement des univers qui naissent et se déploient dans l’atelier : faire entendre sa singularité, son imagination propre, en donnant forme à l’histoire qu’on est seul.e à pouvoir raconter.

L’atelier vous accueille à l’ombre des grands arbres, tandis que les deux pies et les merles sautillent dans la prairie. Peut-être aurons-nous la chance d’apercevoir les écureuils ? La nature sera l’écrin où se développeront les histoires qui prendront corps dans l’atelier Faire naître une histoire.

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Écrire dans un jardin cet été

Écrire dans un jardin, à Saint Germain-en-Laye, cet été ?

Cet été je vous propose d’écrire dans un jardin, nous y construirons nos cabanes d’écriture dans la prairie, à l’ombre des grands arbres, accompagné.e.s du chant des oiseaux. Un nouveau lieu pour écrire, créer, jouer, inventer et partager les textes dans la belle écoute de l’atelier.

Saint Germain-en-Laye

Le premier atelier, dont j’avais parlé ici, vous invitera à écrire en dialogue avec l’œuvre de Maylis de Kerangal — il aura lieu du 20 au 23 juillet. Avec Kerangal, capter le réel – donner les lieux, les corps, l’atmosphère, le mouvement –, explorer différents états du texte, déployer la langue qui fera vivre le monde que vous choisirez d’écrire.

Le deuxième atelier, Faire naître une histoire, aura lieu du 24 au 26 août. Joyeuse chaufferie des imaginations, il vous vous accompagnera, pas à pas, à déployer votre histoire et lui donner forme — cette histoire que vous serez seul.e à pouvoir raconter.

Saint Germain-en Laye est à 30 kilomètres du centre de Paris, au terminus de la ligne A du RER. Jolie ville avec terrasse et jardins surplombant la Seine, forêt, et château. Des logements sont disponibles sur Airbnb.

Si par hasard il pleuvait, nous trouverions dans la grande pièce de la maison l’espace où écrire tout en gardant les distances requises.

Et voyez, ici, le jardin où nous nous retrouverons.

Évocations ?

Leur existence nous échappe. Pour la dire, il faut passer par la fiction.

Écrire une fiction née de la contemplation d’un visage, ou de l’empreinte d’une présence… Une évocation irriguée par les traces inscrites dans la mémoire de celui ou celle qui écrit.

Oui, c’est bien à écrire une évocation que je vous invite, ces évocations dont parle Dominique Viart lorsqu’il analyse les formes nouvelles d’imagination biographique nées de la littérature actuelle : « des biographies fictives, qui tentent de restituer des vies singulières, entre biographies imaginaires et évocations biographiques » ; des fictions qui « ne cherchent pas le moins du monde à masquer leur ignorance ».

Chercher à saisir le geste de celui ou celle qu’on évoque… Le geste ? Sa façon singulière d’être aux autres, au monde – ce qu’il ou elle joue, donne, transmet… Interroger ce geste dans ce qu’il a d’unique pour celle ou celui qui écrit.

Nous procéderons par questionnements, par touches successives – sans chercher à relater la continuité d’une vie -, dans un jeu de va-et-vient entre le sujet écrivant et son objet d’écriture… Et peut-être découvrirez-vous, chemin faisant, comment le désir dont vous êtes habité s’est nourri aux figures des autres ?

Je parlais ici de l’esprit de la collection L’un et l’autre, créée chez Gallimard par Jean-Bertrand Pontalis, qui donne, dans Traversée des ombres, le très sensible portrait de son ami, le poète Claude Roy.

« Au-dessus de deux fenêtres ouvertes sur le jardin, une photographie. Lassitude dans le regard, un regard très doux qui se porte ailleurs, au-delà de l’objectif, mais cet « ailleurs » n’a pas de nom, ce n’est pas un autre lieu, un autre monde, juste le signe que les amis, la femme passionnément aimée, les pays où il a voyagé, les écrivains et les peintres qu’il a connus, ses camarades de combat, que tous ceux-là qui lui ont donné le goût de vivre ne seront plus là pour lui, un jour qui ne va pas tarder à venir. […] Cent fois la question a dû lui être posée : « Comment t’y prends-tu pour concilier ton amour des chats et ton amour des oiseaux ? Comment peux-tu supporter qu’Una, qui dort sur tes genoux, se souvenant soudain qu’elle est un félin, se précipite pour s’emparer d’une fauvette ? » J’imagine que Claude devait répondre par un sourire de chat et s’envoler à tire-d’aile. « Tu vois, aurait-il dit, c’est tout simple. Mais je ne suis pas un conciliateur. Pourquoi ne pourrais-je pas aimer les chats et les oiseaux, la Lande de Belle-Île et les rues de Paris, Kyoto et Venise, les morts et les vivants, l’hier et l’aujourd’hui, Pierre et Paul qui pourtant se détestent ? »

De nombreux auteurs contemporains nourriront le travail de l’atelier. Bergounioux, Cannone, Darrieussecq, Dussidour, Gantheret, Germain, Gracia, Lachaux, Léger, Liscano, Michon, Pauly, Pontalis… J’en oublie…

Nathalie Léger, parmi eux, pour ce qu’elle dit de son travail autour de personnages ayant existé. « Cette circularité, entre soi et le personnage, qui fait écrire à partir des questions que ce personnage nous pose. » Le moteur de l’écriture d’un triptyque : L’exposition, puis Supplément à la vie de Barbara Loden, jusqu’à La robe blanche.

« Pourquoi cette fille, à qui tout semble réussir lorsqu’elle fait un film, met en scène un personnage qui est la déchéance même ? C’est cet écart qui m’a intéressée. »
Nathalie Léger, parlant de Supplément à la vie de Barbara Loden.

Voir ici la présentation de cet atelier désormais proposé par e-mail.

Modigliani - MET New York

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