L’étonnement du voyageur

« Il va falloir que je m’applique à faire taire ces bruits bruyants qui couvrent le murmure de la vraie source. Retrouver ce silence où le rouge-gorge et l’étonnement d’être osent de nouveau chanter »,

écrit Claude Roy, dans L’étonnement du voyageur.

Ce livre, éveilleur de rêveries, est l’une des sources qui ont irrigué la conception de l’atelier Écrire le voyage, une invitation à interroger ces autres mondes – personnes, visages, paysages, façons d’être – qu’on rencontre en traversant les frontières ; écrire le désir pour ces autres contrées que celles qu’on arpente régulièrement ; creuser les voies de l’étonnement.

« Un papillon Belle-Dame passe dans le chemin, se pose sur un buisson, me donne deux battements de bonheur et s’envole. »
Claude Roy, Permis de séjour.

Traverser les frontières ? Ici, l’étonnement naît de l’observation de la nature, dans ce jardin où la vie m’a offert un abri depuis le premier confinement, dans ce jardin où je vous ai accueilli.e.s cet été pour deux ateliers, dans ce jardin où vous me rejoindrez pour l’atelier Écrire avec les auteurs contemporains, et Trouver sa voie dans l’écriture.

 

 

Dans ce jardin, le voyage est celui des saisons. Au mois de mai, j’ai planté des graines de soucis et, en août, une magnifique agapanthe. Agapanthus umbellatus, Agapanthus africanus ; aussi appelée Lis du Nil ou Tubéreuse bleue, originaire d’Afrique du sud – certains la disent aussi reine de l’été.

Assister à la naissance des fleurs,  cette merveille.

Quel est le signe de la beauté ? L’étonnement renouvelé.

 

Vivace, vigoureuse, l’agapanthe lance ses fleurs vers la lumière entre les arbres qui l’entourent, tandis qu’à ses pieds progresse l’orange des soucis.

 

Puis c’est l’automne, la fin de la courbe de vie, le moment de ramasser les graines – le nouveau confinement.

Ce jardin dans l’automne – l’or éphémère du gingko biloba, le frémissement des feuilles au bout des branches,  leur pluie si légère vers la prairie et, peu à peu, la structure dénudée des arbres et le subtil pâlissement des couleurs – ce lieu où, entourée de livres, je lis vos textes et prépare mes retours vers vous, qui vous êtes engagé.e.s dans l’un des ateliers par e-mail.

« J’aimerais avoir la politesse (ou le savoir) d’appeler tous les papillons par leur nom… Mais je ne sais en nommer qu’une vingtaine, les plus communs (le mot convient mal à leur élégance), de la piéride du chou, ballerine 1820, à la vanesse si bien nommée Belle-Dame, et du très distingué Demi-Deuil, avec ses non-couleurs raffinées, au Citron, dont le jaune est marqué des mêmes signes de caste rouges que le front de certaines Indiennes. J’étais content cet après-midi de rencontrer un Paon-de-jour, de pouvoir le saluer, et le féliciter des rapports de tons de ses « yeux », d’un goût si serré et voulu.
J’ai longtemps écarté l’hypothèse d’une esthétique de la nature, conçue pour séduire quel regard ? Mais la découverte dans les désert d’Arizona de dessins inscrits dans le sol et visibles seulement à très haute altitude m’a fait rêver. Les Indiens qui tracèrent ces signes, « l’évolution » qui a peint le Paon-du-jour proposent-ils leurs œuvres aux yeux d’un Amateur inconnu de nous ? »
Claude Roy, L’étonnement du voyageur.

 

 

 

 

« Écrire, multiplier sa vie et les expériences, pour sentir plus de choses, pour comprendre mieux les gens et les choses, pour tenter de savoir vivre. »
Claude Roy, L’étonnement du voyageur.

 

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Faire naître une histoire dans un jardin

Oui, c’est dans ce jardin, à l’ombre des grands arbres, à Saint Germain-en-Laye, que je vous invite à venir écrire et faire naître une histoire, du 24 au 26 août


Faire naître une histoire ?

Se laisser surprendre par les propositions d’écriture. Cheminer pas à pas – avec l’écriture, avec son goût pour les histoires, avec son désir de raconter, d’inventer.

Avancer dans le concret de la fabrication de l’histoire. Trouver un fil conducteur, imaginer et déployer une intrigue, incarner un ou des personnages — leur donner de la profondeur, les dynamiser avec une quête, les faire avancer dans l’histoire… Esquisser les premières péripéties, se demander comment fonctionne une scène…


Mettre l’histoire en mouvement, prendre goût au pas à pas de l’écriture, au pas à pas de l’imagination. Accepter de ne pas savoir ce qui s’écrira avant d’écrire. Et continuer, malgré le sentiment que ça ne va pas, que ça pourrait être mieux, qu’on n’y arrivera jamais… Aller plus loin, porté.e par le groupe, par l’élan donné dans l’atelier — avec les propositions, avec l’écriture, avec les autres.

Frayer, ce faisant, son propre chemin parmi le foisonnement des univers qui naissent et se déploient dans l’atelier : faire entendre sa singularité, son imagination propre, en donnant forme à l’histoire qu’on est seul.e à pouvoir raconter.


L’atelier vous accueille à l’ombre des grands arbres, tandis que les deux pies et les merles sautillent dans la prairie. Peut-être aurons-nous la chance d’apercevoir les écureuils ? La nature sera l’écrin où se développeront les histoires qui prendront corps dans l’atelier Faire naître une histoire.

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