Mettre dans l’écriture

« Toi, tu es celle qui nous met dans l’écriture. »

Celui qui par ces mots disait l’expérience vécue en atelier avait suivi l’un des cycles d’écriture littéraire que je conduisais, lors de ma précédente vie professionnelle — chaque fois, pour chaque participant, provoquer la rencontre avec son écriture dans l’atelier. Que l’atelier soit le lieu où chacun vient jouer de soi dans son rapport avec le langage.

nuit blanche aux Buttes octobre 2010

Mettre dans.
Cet été j’ai voulu repasser de l’autre côté de la frontière : non plus faire écrire mais, le temps d’un atelier, jouer à nouveau le jeu des contraintes proposées par un autre — confier mon écriture à quelqu’un qui me mettrait dans.

De François Bon, je connaissais l’exigence littéraire, la force de proposition.

Il invitait à un été pour écrire avec Marguerite Duras.

le temple de la Sybille aux Buttes Chaumont

ciel aux Buttes Chaumont

Des contraintes d’Un été pour écrire est né le texte que vous découvrirez ici :  Un jardin dans la ville

Une forme hybride, gardant la trace du travail de l’atelier. Signe qu’à son tour François Bon m’avait mise dans.

Écrire le voyage en atelier

Si le voyage se construit pas à pas, l’écriture, elle, se conçoit mot à mot.

L’atelier vous invite à chercher comment le voyage résonne en vous, à restituer dans l’écriture l’empreinte sensible inscrite par l’expérience.

Écrire, ici, c’est poursuivre le voyage.
Brésil

« Écrire, multiplier sa vie et les expériences, pour sentir plus de choses, pour comprendre mieux les gens et les choses, pour tenter de savoir vivre. »
Claude Roy

Fouler des terres inconnues, éprouver de nouveaux espaces, découvrir d’autres façons de vivre, d’être au monde – voir, sentir, entendre… comme pour la première fois. Chercher le ciel qui accompagnait le voyage, les lumières qui l’éclairaient, l’étonnement de la peau, du regard, du toucher – les bruits, odeurs, couleurs, volumes, contrastes, densités, vacuités.

IMG_1906

Donner la parole aux êtres et aux choses. Les lieux, les groupes, les personnes, les rencontres. Les villes, les mouvements, les passages, les haltes, les itinéraires. Le poids des bagages, le temps des trajets. Les questions, les pensées, les découvertes, les scansion et les rythmes – la matière du voyage. L’atelier est le lieu où se cherchent les formes de l’écriture du voyage : entre fragments et récit, carnet de voyage ou article, ou reportage.

« L’atelier d’écriture est le lieu par excellence où peut se déployer l’intelligence intuitive du monde, et où cette intuition peut inventer ses territoires. »
Philippe Berthaut.

Brésil-2 094

Vous écrivez avec le matériel dont vous avez besoin pour éveiller votre mémoire : photos, notes, objets, éléments de carnet, cartes géographiques, tickets divers…

Vous pouvez aussi écrire avec seulement vos souvenirs.

Vous pouvez enfin écrire sans l’idée d’un voyage précis mais avec le goût de partir en voyage dans l’écriture.

44

Écrire le voyage par e-mail : c’est ici

Un été pour écrire

L’aventure a commencé sur tiers livre, avec un atelier « en ligne » proposé par François Bon.

Elle a provoqué l’écriture de : Un jardin dans la ville

les buttes aujourd'hui

L’idée était de partir sur « un texte en prose, qui grandirait lentement, prendrait son temps entre lieux, paysages, visages, sans chercher à jouer au roman, plutôt dans une méditation sur la réalité proche. »

La proposition était accompagnée d’un texte de Marguerite Duras, L’été 80, qui donna sa forme à notre atelier :

    « Dix samedis successifs, ce dont (Duras) part c’est de sa chambre aux Roches Noires de Trouville, pièce avec vue sur plage et mer, cargos qui passent au loin, passants et bruits qu’elle reconnaît, et dans la chambre même le téléphone, la télévision, les insomnies et les lumières. Pour elle, séquencement précis : une fois par semaine, tout au long d’un été, même jour même heure. »

Les Buttes Chaumont

J’écrirais sur mon jardin, ma respiration, mon abri – la nature offerte au cœur de la ville – les Buttes Chaumont.

les jardins paysages d'Alphand

« J’aimerais faire vivre l’art subtil de ce jardin paysage imaginé et créé par Jean-Charles Alphand, montrer ce parc comme une œuvre d’art, m’approcher de la pensée créatrice de ce jardin à l’esthétique toute en lignes courbes, en succession de tableaux. J’aimerais approcher les concepts de cet art conçu non seulement pour être vu (admiré), mais pour être vécu de l’intérieur – un lieu qui permet l’expérience de l’harmonie en présence de la beauté créée, cultivée, transmise à travers le temps. »

L’aventure nous a menés très loin de ce que nous projetions, avant d’écrire.