Il faut créer

« Il faut créer,
au sens de ce qui est requis par la vie pour qu’elle vive,
pour qu’elle puisse se réjouir de la puissance d’agir qu’elle est
et ainsi persister dans son être. »

Ainsi l’énonce Paul Audi dans Créer, un ouvrage découvert grâce au site de Pierre Hébrard (merci pour cette trouvaille !) : Translaboration.

Tout d’abord saisie par le caractère injonctif de ce « il faut », j’ai fini par me rendre à l’évidence. Oui. Avec Paul Audi je dis : « Il faut créer ». Je le dis depuis ma posture de passeuse et d’accompagnatrice ; depuis l’habitude de faire poids, dans mes ateliers, par mes paroles et mes actes, du côté des forces favorables – qui nous poussent à faire du neuf, créer – contre les forces destructives – qui surgiront pour nous convaincre de notre incapacité, nous détourner vers d’autres tâches prétendument plus utiles, nous empêcher.

(J’ai déjà parlé de cela ailleurs.)

Kafka le disait autrement :

    « Dieu ne veut pas que j’écrive, mais moi je le dois. »

Oui, il la faut, certains jours, la force assertive de ces phrases, pour soi-même comme pour les autres, pour soutenir l’élan à créer.

Quels étonnants endroits, ces ateliers d’écriture. Ces lieux où écrire et être à l’écoute des textes est le plus important. Ces espaces où l’écriture se fait et se parle, se cherche, se travaille — où l’on joue avec les mots, les phrases, les images, le sens, le souffle de la langue.

Oui, je crois que créer nous garde vivants, nous tient éveillés, ouverts — nous sort de nos ornières.

    « Écrire et exister sont une même tâche obscure et une même évidence.
    Écrire creuse le mystère.
    Il s’agit de tenter de formuler cette énigme qu’est l’existence humaine, par tous les moyens, des plus sophistiqués au plus rudimentaires. Le sens de la littérature est là. Il demeure là, en dépit de toute l’histoire passée et des pages accumulées. »

Ici, c’est Jean-Michel Maulpoix, déjà cité au sujet de la lecture.

Écrire. Entrer dans le vivant de la recherche de sens. Questionner le monde, questionner la langue et chercher, dans la littérature et en soi, les formes d’une énonciation personnelle. La langue rapporte le monde, avec lui les questions, et l’appel.

Picasso MET à New York


Aller à la page des formations et ateliers : c’est par ici