Écrire avec les auteurs contemporains

« Écrire, c’est croire dans les vertus du langage comme mode d’apparition du monde »,

écrit Olivia Rosenthal dans J’entends des voix (in Devenirs du roman, Éd. Inculte).

« Ces apparitions, aussi fugaces soient-elles, ne viennent que si on les suscite. Il faut travailler l’apparition, la préparer pour la faire advenir, exactement comme on prépare une expérience scientifique. Ce travail, chacun l’organise à sa manière. […] Ma méthode, celle que j’ai expérimentée et précisée au fil des années, repose sur l’entretien. Je passe par la parole des autres pour connaître le monde. »

Connaître le monde, éprouver ce que l’énergie d’un texte fait vivre au langage – comment il fait bouger la langue, et déplace nos représentations.

Nicole Caligaris (toujours dans Devenirs du roman) pense qu’écrire serait « la tentative de toucher une réalité qui excède les cadres de notre intelligence et, dans l’incongruité du texte, dans sa sensibilité, sa pénétration par le songe, qui ait une chance de convoquer ce qui ne nous est pas intelligible de notre propre monde, sa démesure et son insignifiance, ce qui en fait à nos yeux l’énigme, l’effroi, ce qui est et qui demeure irrésolu. »

Elle parle de chercher « La rigueur du littéraire », qui « est celle de la justesse du texte, de son économie, de sa musique, de l’énergie qui s’y déploie. »

Anne Savelli, elle, joignant sa voix à celles de ce recueil, se demande sur quoi écrire se fonde pour elle : « De faux, de vrais souvenirs. Des colères à faire évoluer et d’anciennes lectures, des documentaires en coffrets, en ligne, des recherches sur le site de l’INA, des concerts, des playlists. Des extraits de JT, des films de fictions, le moteur de Wikipédia. Des tweets, des liens, une femme qui passe, jamais aucun conseil, la mention d’une géante, des photos, un départ de rampe. Une rue, une ombre, une gravure du XVIIIe siècle. Un tampon du ministère de la Justice. La liste de ce qu’on peut envoyer à Noël par la poste quand on est famille de détenu. […] La sensation de tomber, la marche, le plan de la ville, pour écrire je me fonde sur quoi ? L’urgence, comme on dit, résumée par un mot chaque fois différent dont je ne comprends pas alors l’importance. La nécessité. Quelque chose qui n’a pas l’air de me demander mon avis, en tout cas. »

S’approcher de ses propres processus d’écriture en s’inspirant de ceux des auteurs qui nous racontent comment ils travaillent aujourd’hui. Faire bouger la langue, tenter la recherche, la sensibilité, la pénétration par le songe, et joindre sa voix à celles des auteurs contemporains.

La formation

Le cycle « Écrire avec les auteurs contemporains » vous accompagne à approfondir votre expérience de l’écriture en explorant les thèmes et les formes qu’on découvre dans la littérature qui s’écrit aujourd’hui.

  • Présentation de la formation et inscription : c’est ici
  • Groupe : entre 5 et 8 personnes.
  • 6 lundis de 10h à 17h : 9 déc. 2019, 13 janv., 24 fév., 16 mars, 27 avr., 25 mai 2020.
  • Lieu : à Paris 2°, quartier Montorgueil
  • Tarifs : 748 € pour le cycle (réduit : 674 €) – Arrhes : 150 € [Formation professionnelle, après signature d’une convention : 1496€]


Aller à la page des ateliers et formations