Naissance de l’atelier
Cet atelier est né de plusieurs rencontres. La première rencontre a été la préparation d’une intervention sur le thème Mémoire et création littéraire, que j’ai présentée en mars 2024 dans le cadre d’un colloque qui réunissait des psys autour de la mémoire. (Vous trouverez le texte de mon intervention ici.)
Ce travail m’a conduite à me replonger dans un livre d’entretiens avec Pascaline David où Mauvignier raconte ses processus d’écriture (Les motifs de Laurent Mauvignier). Cet aller et retour entre l’œuvre littéraire et la générosité des paroles de Mauvignier sur d’où lui vient l’écriture a été passionnant. J’y ai trouvé la confirmation que l’inspiration des romans de l’auteur prend sa source dans le ressac souterrain de ses mémoires – mémoires des lieux, mémoires des expériences personnelles, mémoires des personnes de son entourage… Mémoires qui sont ensuite transformées par l’écriture.
- « Le problème, très souvent, c’est que les gens sont écrasés par l’idée d’avoir quelque chose à dire. Il ne faut pas avoir quelque chose à dire, il faut avoir quelque chose à faire. […] Après, le sens, de toute façon, si on a quelque chose à dire, on le dira. Ça se dit toujours. La question n’est pas d’être obsédé par l’idée de trouver ce qu’on a à dire, ou une « bonne idée », ou un sujet, c’est de se demander : « Comment faire ? Par où entrer dans le texte ? » Les motifs de Laurent Mauvignier, Entretiens sur l’écriture avec Pascaline David.
La deuxième rencontre a été la lecture, au mois d’août, de Jour de ressac, le dernier roman de Maylis de Kerangal. Kerangal a voulu donner à ce roman le décor de sa ville d’enfance, Le Havre. Elle a aussi voulu donner voix à une narratrice qui ne serait pas elle, et inventer une histoire qu’elle n’a pas elle-même vécu : c’est-à-dire créer une fiction à partir d’un lieu qui lui a été très familier, et qui est devenu « la matrice de ses rêveries ».
Alors, cherchant dans ma bibliothèque quelques uns des romans écrits par mes compagnons auteurs – ceux qui eux aussi ancrent des histoires inventées dans des lieux qu’ils ont connus –, je me suis dit que j’aimerais proposer un atelier Ressacs de la mémoire.

J’ai donné cet atelier une première fois en mars 2025. C’était un très bel atelier. Je renouvelle donc la proposition début juillet pour celles et ceux qui n’auraient pas pu se rendre disponibles aux dates précédentes. Voyez ici la présentation de cet atelier.