Exploration

J’ouvrirai, demain, un nouveau cycle d’ateliers. Je me prépare à vous accueillir. Comme chaque fois, c’est dans le dialogue avec les livres que se crée l’espace intérieur du futur atelier.

La littérature contemporaine devient le terrain de jeu où je cherche mon inspiration pour vous faire écrire. Écrire, bien sûr ; mais en quels territoires ? quel appel suscitant quels désirs ?

Commencer par vous dire que la littérature manifeste le désir de connaître — que ce désir nourrit la lecture.

« Aujourd’hui, toujours, le roman nous enseigne à vivre.
Ainsi je découvre le monde, le roman me le fait connaître (…) et aucune expérience réelle, fût-elle riche et pleine et comblée, ou aventureuse et surprenante, aucune expérience, parce qu’elle est nécessairement limitée, ne peut donner à éprouver et à comprendre le millième de ce que la lecture nous apprend. »

C’est la voix de Belinda Cannone, dans L’écriture du désir. Une rencontre que je dois à un autre passeur, Dominique Viart, dans la très belle Anthologie de la littérature contemporaine française (bonheur d’y (re)trouver tant des compagnons auteurs dont j’ai intuitivement choisi la compagnie en mon expérience de lectrice).

« le roman est « une région du monde à part entière ». La visiter nous fait vivre une expérience. Par ce mot (je) désigne l’implication de l’être dans un endroit de l’univers à un moment donné, implication telle qu’il en éprouve des émotions et qu’il en sort enrichi, agrandi d’un savoir, d’une aptitude, d’une connaissance. »

Bonheur de ces rencontres inattendues de lecture. Voilà que Belinda Cannone parle de l’écriture comme je parlerais de l’écriture en atelier ; lisez ce qu’elle écrit du partage — si fondamental dans l’atelier.

« Les gens demandent souvent si l’on a besoin d’écrire. Ils entendent besoin dans un sens psychologique : il faudrait d’urgence exprimer quelque chose qui nous étoufferait. Et d’ailleurs, demandent-ils, écririez-vous si vous ne publiiez pas ? Non et non. Le besoin, grande différence, n’est pas de s’exprimer mais de partager. (…) Partage dit plusieurs. Plusieurs secrets communs entre les êtres, entre l’auteur et les lecteurs, plusieurs voix dans l’auteur, et dans le roman. Le romancier est celui qui formule, à un moment donné, ces secrets de l’existence qu’en les lisant nous nous disons avoir eus parfois sur le bout de la langue – les secrets communs.
Que sont-ils donc ? (…) Ils peuvent être grands ou minuscules. Grands : le désir de vivre, la mort, la présence au monde – par exemple. Les peurs, certains désirs, les postures psychologiques constituent, parmi d’autres, de petits secrets communs. »

Entre l’intime et le partage, entre les secrets et ce qu’on leur trouve de commun en les écrivant, se dessine l’espace de la rencontre entre soi — auteur –, et les autres — lecteurs –, dans l’atelier.


Niki de St Phalle


Les ateliers c’est par ici


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