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Prendre langue avec Maylis de Kerangal

Inspiration documentaire de l’atelier

Ainsi parle Maylis de Kerangal, dans l’une ou l’autre des interviews qu’elle a données récemment, à Diakritik et Télérama.

Préparant l’atelier Prendre langue avec Maylis de Kerangal, je m’immerge dans son monde, dans son œuvre. Je pense en dialogue avec ses livres, je glane ce qu’elle dit de son travail dans les interviews, ce qui se dit de sa langue et de ses romans… Ainsi se constitue la collection de l’atelier, comme Maylis de Kerangal raconte qu’elle constitue, avant d’écrire, une collection d’ouvrages qui irrigueront son écriture : « Une quinzaine de livres collectés dans la bibliothèque (fictions, essais, histoire, documents, guides touristiques, atlas, etc.) ; ces ouvrages mettent en place un circuit puissant, ils n’ont pas de rapport direct avec le livre que je vais écrire, mais en donnent des échos – chacun d’eux porte l’intuition du texte qui travaille. »

Je marche sous un ciel de traîne, La Vie voyageuse, Ni fleurs ni couronnes, Dans les rapides, Corniche Kennedy, Naissance d’un pont, Tangente vers l’est, Réparer les vivants, À ce stade de la nuit, Un monde à portée de main, Kiruna.

Les livres de Maylis de Kerangal témoignent de son attention aux hommes, au monde. Les univers qu’elle écrit, elle les « infiltre », dit-elle, elle en cherche la texture. Elle saisit les situations sur le vif, s’ajuste à différents points de vue, donne voix dans une même narration à des sensibilités et des vérités multiples. « Elle déniche, jusque dans les moindres détails, la fragilité du langage, des idées, des êtres, des groupes humains », dit le critique Alexandre Gefen.

Personnages, corps, mouvements. Voix, paroles, langues. Inscription des narrations dans des lieux.

Peu à peu, constituant cette collection, l’atelier prend corps. Des réseaux s’établissent de façon souterraine, des liens se tissent… Il ne s’agit ni de donner un cours, ni de transmettre un savoir critique sur l’œuvre, mais de concevoir le chemin qui permettra à chaque personne, dans l’atelier, de « prendre langue » en dialogue avec cette œuvre qui bouleverse la langue littéraire, préfère l’immersion sensible au surplomb, saisit la matière hétérogène et pourtant simultanée de ce qui fait l’instant présent…

L’atelier

Comme l’héroïne de son dernier roman, Un monde à portée de main, Maylis de Kerangal « braque le réel ». Elle en donne le temps, le mouvement, les présences avec une acuité extrême – créant des langues lardées d’oralité qui crépitent, s’entrechoquent et renouvellent les chants du monde. Elle parle de l’urgence de « sortir de ces langues inaptes à restituer les expériences », et de redonner du corps à la parole.

parlant de ce beau travail qu’est l’écriture.

Maylis de Kerangal raconte les étapes qu’elle traverse pour écrire – l’atelier vous invite à la suivre. Ensemble, nous chercherons, depuis votre présence au monde, ce qui vous donnera désir de faire fiction. Nous explorerons différents états du texte, et tenterons de saisir la matière hétérogène et pourtant simultanée de ce qui fait l’instant présent. Vous chercherez comment devenir l’interprète d’un monde singulier en élaborant une langue qui le rendra vivant.

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