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Le Roitelet

« Je me souvenais que le mot roitelet désignait un roi au pouvoir très faible régnant sur un pays sans prestige, un pays de songes et de chimères »

Le Roitelet, c’est ainsi que Jean-François Beauchemin nomme son frère malheureux, éprouvé par la schizophrénie, dans le livre auquel il a donné le nom de cet oiseau :

J’aimerais dire ici la douceur qui m’est parvenue lisant cette voix dans ce livre, cette douceur reçue tout au long de ma lecture — cette douceur ? La lumière qui transfigure la vie lorsqu’on porte un regard aimant sur le monde et sur celles et ceux qui nous entourent.

Cette douceur du regard aimant l’autre malgré ses faiblesses et sa différence (à cause d’elles ?), En attendant Nadeau la nomme La déchirante douceur du monde et décrit ainsi l’amour de l’écrivain qui veille, inlassablement, sur son jeune frère : « Un amour de chaque instant, indestructible et pourtant aussi léger et doux qu’une plume, parce qu’il n’est jamais surplombant. »

Une faible lueur, oui ; mais la seule dont nous disposions.

J’ai traversé le temps de la lecture accompagnée par la faible lueur de cette douceur parvenant à travers les mots de Beauchemin jusqu’à moi. J’ai pensé à Anne Dufourmantelle, qui disait de la douceur qu’elle est aussi une puissance. J’ai trouvé, à ces lueurs, à ces voix, une consolation profonde.

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