Mémoires d’eaux avec Bachelard

Samedi 21 juin — dernier des 3 samedis de l’atelier du printemps aux Buttes Chaumont.

Mes rêveries préparatoires m’avaient conduite vers Gaston Bachelard et son travail sur « L’eau et les rêves » : La ville fêtera ce jour-là la musique ; nous écouterons les chants de l’eau dans le parc avec Bachelard ; vous écrirez les mémoires qu’elle éveille.

Avec Bachelard qui se souvient :

    « Je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin de la Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. La plus belle des demeures serait pour moi au creux d’un vallon, au bord d’une eau vive, dans l’ombre courte des saules et des osières. Et quand octobre viendrait, avec ses brumes sur la rivière… Mon plaisir est d’accompagner le ruisseau, de marcher le long des berges, dans le bon sens, dans le sens de l’eau qui coule, de l’eau qui mène la vie ailleurs, au village voisin. »

Avec Bachelard lorsqu’il invite à écouter le chant du ruisseau :

    « Heureux celui qui est réveillé par la fraîche chanson du ruisseau, par une voix réelle de la nature vivante. Chaque jour nouveau a pour lui la dynamique de la naissance. A l’aurore, le chant du ruisseau est un chant de jeunesse, un conseil de jouvence. »

25 un ruisseau des montagnes          14 tiens - une cascade           38 des tableaux végétaux

Avec Bachelard lorsqu’il écrit :

    « On rêve avant de contempler. Avant d’être un spectacle conscient tout paysage est une expérience onirique. On ne regarde avec une passion esthétique que les paysages qu’on a d’abord vus en rêve. »

Avec Bachelard qui dit la profonde maternité des eaux :

    « L’eau gonfle les germes et fait jaillir les sources. L’eau est une matière qu’on voit partout naître et croître. La source est une naissance irrésistible, une naissance continue. »

Avec Bachelard qui, après « La poétique de l’espace », scrute les liens entre âme et eaux :

    « Le passé de notre âme est une eau profonde. Et puis, quand on a vu tous les reflets, soudain, on regarde l’eau elle-même ; on croit alors la surprendre entrain de fabriquer de la beauté ; on s’aperçoit qu’elle est belle en son volume, d’une beauté interne, d’une beauté active. »

avec Bachelard

4 réflexions au sujet de « Mémoires d’eaux avec Bachelard »

  1. J’y étais, j’étais avec Bachelard, et j’ai trouvé en cet atelier avec Claire Lecoeur une grande liberté. Son regard d’une très grande discrétion n’impose rien à l’écriture et cela me semble très précieux, merci encore. Malaurie

  2. C’est toujours un plaisir de lire vos articles Claire, cela dénote toujours une très grande qualité de travail. Mes amitiés provinciales.

    • Merci Marie-Christine !
      Cet article permet de lire la très grande diversité des textes produits à partir d’une proposition qui vise la diversité tant des formes que des fonds.
      Bel été à vous !

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