Écrire – 2

Écrire est une façon de regarder.

« Où mène ce que je suis entrain de faire ? Si je savais où ça mène, je ne l’écrirais pas. Parce que, écrire, c’est ça : partir sans savoir où on va arriver. Sans même savoir si on arrivera quelque part. Écrire est un art immobile, me dis-je. Et je ne sais même pas ce que ça veut dire. »

Avec Carlos Liscano, dans L’écrivain et l’autre, Belfond.

« Les gens marchent, bougent, parlent, quelqu’un sonne à la porte d’une maison, une jeune femme passe, une petite fille dans les bras. C’est la réalité, le monde, tout est mû par un secret espoir, une raison. »

Écrire est une expérience avec le langage.

« Refréner l’impatience. La création est un travail lent. La plupart des jours se passe en répétition, en accumulation. Parfois, en un instant, un saut a lieu, et c’est là. On sent alors qu’on a fait quelque chose, même s’il ne faut pas le croire tout à fait. »

« L’art est un moyen de trouver un sens à l’étonnement d’être au monde. »

Écrire ? Regarder ?

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7 réflexions sur “Écrire – 2

  1. Cette interrogation de l’écriture en profondeur est précieuse, constructive, puisqu’elle permet de nourrir le regard, et de tourner l’écriture vers l’autre. Car l’autre n’est pas seulement un personnage, il peut devenir l’habitant d’une écriture, et son destinataire.

  2. Merci pour ces mots, « Si petite zone ». Ils me conduisent vers une autre phrase de Carlos Liscano (toujours dans le même ouvrage) :
    « Comme il n’est pas possible de connaître l’âme d’autrui, on peut tout juste rôder autour. »
    Et rôder autour peut devenir l’objet de l’écriture.

  3. J’aime cette phrase de C. Liscano. Je ne l’avais pas notée, peut-être d’avoir été ébranlé par ce livre. Un livre extrême où revenir prendre ses forces, aussi souvent que mes forces viendront à manquer. La force de s’étonner, pour commencer. Je crois qu’il y a l’ébauche d’un grand secret dans cette phrase au sujet de l’étonnement. « L’art est un moyen de trouver un sens à l’étonnement d’être au monde. »

  4. En écho à vos mots, ceux-ci, de Liscano encore – depuis ce livre qui vous a touché, où vous puisez vos forces, dites-vous.
    « Je suis là, j’essaie de raconter la seule chose qui ait vraiment du sens, à savoir le combat contre la mort, le désir ardent de tout voir avant de disparaitre, de laisser un témoignage de ce que j’ai vu. »

    • Merci Claire. Les mots de Liscano sont une réponse à une ancienne question que je traîne avec moi, incapable de la jeter avec ce genre de sac plastique où on fourre ses poubelles en décidant que demain, promis, on choisira une question un peu moins redoutable.

  5. Une histoire de gens qui passent, qui s’étonnent, qui vivent parce qu’il y a la mort… des mots, des vrais mots vrais… je vais rester un peu, juste là….

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